Une coursive de montée, une grue de partie !

Résumé rapide de la situation de Nouara que le titre, en ce mois de juin. Il est plus que temps que je vous explique ce qu’il en est…

Au dernier article, qui remonte en des temps lointains, je vous narrais la pousse printanière des échafaudages divers autour des bâtiments du moulin. La météo plus qu’incertaine n’a pas empêché les artisans d’avancer, certains même sous la pluie, d’autres pendant les quelques éclaircies. Les structures métalliques ont donc, au gré des travaux, bougé de quelques mètres, disparu, réapparu ailleurs, mais elles sont encore présentes, sans doute pour plusieurs mois.

En revanche, ce qui a disparu pour de bon, c’est la grue. Un beau matin brouillassant de juin, le 7 exactement, elle nous a quittés, bien solidement arrimée derrière son camion. Un événement attendu de longue date, pour lequel je n’ai aucune photo à vous montrer, puisque ce fut une surprise concoctée par les maçons. Le départ de cette grue avec laquelle le chantier a partagé de longs mois, trois années en fait, fut bien plus aisé et rapide que son installation. Le moulin a (presque) retrouvé sa cour d’antan. Mais qui dit démontage de grue dit fin du gros du gros des travaux de gros œuvre.

Après le départ de la grue, la cour inondée de soleil en juin.
Après le départ de la grue, la cour inondée de soleil à la mi-juin.
Le 21 juin, un "peu" pluvieux, la cour sans grue.
Le 21 juin, un « peu » pluvieux, la cour sans grue.
Cour
Une vue proche, remontant à septembre 2018.

Que s’est-il donc passé depuis le dernier article ?

Côté nord, dans le prolongement de la cage d’escalier et d’ascenseur, les charpentiers ont jeté une galerie d’une quinzaine de mètres sur deux niveaux. Nous en étions restés là.

Les circulations se font par deux couloirs superposés et des entrées à chaque pièce. Entre les différents seuils, l’espace est laissé libre de sol permettant d’apercevoir d’en haut l’eau s’écouler dans le bief. Ailleurs, le sol est créé par un système dénommé « béton collaborant » reposant sur les poutrelles traversantes. Il s’agit d’un mixte entre béton et acier. Des plaques de métal type bac acier ont été disposées sur les poutrelles perpendiculaires à la façade et aux longues poutres. Ces plaques forment le bas du coffrage. Dessus ont été déposées des armatures métalliques pour renforcer l’ensemble, puis une dalle de béton a été coulée par-dessus. Le sol ainsi créé a une forte portance, et les caractéristiques des deux matériaux font qu’il est résistant à la fois à la traction et à la compression. Deux passerelles métalliques doivent encore être installées, partant du bout de la coursive, permettant de rejoindre le jardin depuis les deux niveaux, et aussi sorties de secours.

Une fois la coursive construite, les charpentiers l’ont habillée de bardages horizontaux, tout comme le massif de l’escalier et ascenseur. Un bardage fait de lattes fines, bien différent de celui vertical et large des façades des bâtiments.
L’effet final est saisissant, la tour d’escalier et d’ascenseur qui semblait s’élever haut dans le ciel se trouve bien rabaissée visuellement par cette horizontalité. Et la coursive que l’on craignait massive paraît assez légère. Cette sensation sera sans doute encore plus forte le soir, lorsque la lumière transparaîtra au travers des lattes.

La galerie nord, le bardage en cours de finition.
La galerie nord, le bardage en cours de finition, vue du chemin des papetiers.
La galerie nord, vue par les architectes. On voit à gauche les deux passerelles qui descendront de la coursive. (Crédit FR architecte)
La galerie nord, vue par les architectes. On voit à gauche les deux passerelles qui descendront de la coursive. La cage d’escalier et d’ascenseur déborde plus sur le dessin que dans la réalité. (Crédit FR architecte)

Autre lieu, l’ancienne ferme et l’accueil où les travaux intérieurs (hors finitions) sont achevés. Les pièces sont donc bien délimitées entre tous ces murs et les étages. À l’extérieur, les façadiers ont fini le nettoyage des façades et ont depuis rejointoyé les murs de la vieille ferme, un beurrage discret des pierres les laissant apparentes ainsi que les briques, le bois et les pierres des encadrements des fenêtres et des portes. La façade de l’accueil recevra un autre revêtement (crépit) qui permettra de l’unifier en raison des multiples matériaux la constituant (pierre, pisé, béton et bois).

La façade du logement de fonction et du gîte refaite par les façadiers. La façade du vieux moulin doit être reprise dans le même esprit.
La façade du logement de fonction et du gîte refaite par les façadiers. La façade du vieux moulin doit être reprise dans le même esprit, ce qui est proche de son état ancien.
La façade sur rue du gîte et du logement, rejointoyée à neuf : du beurrage en règle.
La façade sur rue du gîte et du logement, rejointoyée à neuf : du beurrage en règle.

Les maçons vont maintenant achever leur intervention sur la petite maison (ouverture d’une fenêtre), les charpentiers vont finir de barder les murs proches de la coursive nord, puis passeront à la charpente de la même petite maison. Viendront les menuisiers aluminium qui installeront leurs baies sur la coursive pour isoler et sécuriser toutes les circulations et paliers, les serruriers qui poseront les passerelles descendant de la coursive, les escaliers métalliques et rambardes, les menuisiers bois qui poseront les parquets, les portes, les escaliers bois, les peintres, les plombiers et fumistes, les chauffagistes… pour que Nouara revête son aspect final.

À l’extérieur, jardin et cour vont subir de nombreux coups de pelleteuse et autres engins pour acquérir murets et circulations définitifs, et pour qu’enfin les plantations puissent être envisagées. Mais ceci n’est pas encore à l’actualité du jour…

2 thoughts on “Une coursive de montée, une grue de partie !

  1. Notre impatience ne va aller que grandissante !!!
    Hâte de découvrir ce lieu qui aura retrouvé sa superbe … et sa roue !!

  2. Héllo, de la part d’un revenant

    C’est en lisant La Montagne de ce jour et l’article dédié à Michel Russi que j’ai « raccroché » à Nouara. Cet écrivain est en effet présenté » comme le parrain du moulin de Nouarra ». Allusion y est faite notamment à des vacances en colo durant son enfance. Peut-on en savoir plus?
    Dans le journal, belle photo « ancienne » de l’ensemble du moulin … intéressante à comparer avec la version moderne, maintenant que la grue et les échafaudages ont disparu?

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