Les moulins du Grandrif et du Chadernoles

Changeons de vallée et poursuivons notre tour des moulins et des familles papetières « ambertoises ». Nous voici sur le Grandrif et le Tonvic, entre Grandrif, Marsac et Chaumont-le-Bourg.
Partant pour une balade « tranquille » au cœur de ces petits villages, sur le « fief » des grands papetiers Dupuy avec moins de dix moulins à papier à découvrir, je pensais ne trouver que des informations les concernant. Erreur ! Les documents du XVIIIe siècle déjà mis en œuvre et les informations distillées au fil des pages du livres de Michel Boy et Jean-Louis Boithias* offrent une toute autre histoire, qui remonte bien avant les Dupuy, à une période où des alliances déjà opéraient au sein de cette vallée entre différentes familles papetières. Comme dans les autres vallées, les liens se font entre familles, entre voisins, sous la coupe des Dupuy créanciers de tous qui finissent par récupérer les moulins en faillite à un moment ou un autre.

Le moulin de Roland sur un petit affluent du Grandrif est mentionné très tôt et possédé par la famille Richard que nous avons précédemment évoquée. Mais difficile de saisir les liens entre cette branche et les autres. Un certain Antoine Richard, né vers 1550, épouse vers 1575 une Madeleine CHANTELAUZE (décédée entre 1583 et 1590). Vers 1579-80, il est marchand-papetier à Roland [Boy et Boithias, p. 97]. Cinq enfants naissent de cette union, à Marsac : Antoine, André (apparemment à Roland), Jean, Marie et un autre Antoine. En 1590, après le décès de sa première femme, Antoine le père se remarie au village de Thamias proche du moulin de Roland, à Marguerite ACHARD veuve de Damien Marcheval. Marguerite n’est autre qu’une belle-sœur par alliance de son époux (le frère de Marguerite est marié à la sœur de Madeleine Chantelauze). Notons au passage que le fils aîné du couple Richard-Chantelauze épousera une fille du couple Marcheval-Achard. Le décor est planté, ces trois familles, ainsi que des Richard de La Forie et des Begon formeront des alliances papetières à Marsac au travers de mariages, parrainages (et « marrainages » mais le féminin n’existe pas…) de leurs membres respectifs en cette fin du XVIe siècle début du XVIIe.

Tableau des alliances entre les familles Richard de La Forie et de Marsac, Begon, Chantelauze, Marcheval
Tableau des alliances entre les familles Richard de La Forie (moulin des Maitz), Begon, Chantelauze, Marcheval, Richard et Achard de Marsac.

Qu’advient-il par la suite de ce moulin et des familles ? Un état des moulins à papier d’Auvergne de 1671-2 nous apprend que le moulin de Roland possède deux roues mais qu’il ne tourne qu’à moitié. En 1717, la situation a empiré puisque le moulin est vacant. Il appartient aux héritiers de Jacques Perseil.

La moulin de Roland à Marsac, près du village de Thamias. Cadastre napoléonien, AD63- 55 FI 614, Section A de Brugeailles, 3e feuille.
Le moulin de Roland à Marsac, près du village de Thamias. Cadastre napoléonien de Marsac, 1836, AD63-Extrait de la planche 55 FI 614, Section A de Brugeailles, 3e feuille.

Avec 1733 est mentionné Claude Begon, fabricant de papier à Roland, fils de Pierre Begon, garde-juré, et d’Anne BERTIN de Lagat.

Filigrane de Claude Begon, fils à feu Pierre, garde-juré, fabricant de paper du lieu de Roland paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats 1733. AD63, 1 C 497 – 22 FI 281.

 

Claude naît au moulin de Lagat le 10 avril 1706, son père en étant le maître-papetier. Il épouse Benoîte SAUVADE (fille d’Antoine Sauvade et Benoîte Desgeorges, née au moulin de La Combe-Basse) le 11 mai 1728 au moulin de Lagat. Le couple habitera au moulin de Roland après 1728 et avant 1733 jusqu’en 1746. Claude (jeune) est le frère d’un autre Claude (aîné) mort à 29 ans en 1719, qui a été garde-juré et papetier du moulin de Roland. Ce dernier se marie vers 1713 à Marie Constance GOURBEYRE, héritière du moulin de Gourbeyre et ancêtre de Pierre Pourrat, maire d’Ambert et sous-préfet au début du XIXe siècle. Une autre de ses sœurs, Marie, épouse en 1724 Claude ARTAUD fils du marchand-papetier de La Forie Guillaume Artaud, habitant La Terrasse à la date de l’union. Claude (jeune) Begon est le premier des enfants du couple Begon-Bertin à naître à Lagat, les huit premiers ayant vu le jour ou à Thamias ou au Prélat où le père devait être papetier.

Intéressons-nous donc au père de Claude, Pierre Begon, né à Thamias en 1658, mort à Lagat en 1718. Il est le fils de Guillaume Begon (de Thamias) et de Marguerite MARCHINAT, le petit-fils de Pierre Begon et de Jehanne MALLEGUE de Thamias et l’arrière-petit-fils de Guillaume Begon et de Jehane CHANTELAUZE de Marsac. Nous retrouvons les ancêtres du diagramme ci-dessus. Roland n’a pas quitté la famille. Après 1733, le moulin n’apparaît plus dans les relevés de la papeterie ambertoise.

 

Le moulin de Thamias (ou Thamiat), sur le ruisseau de Tonvic, est mentionné dans l’état des moulins d’Auvergne de 1671-2 comme « moulin des Begons ». Doté de deux roues, il tourne à moitié pour fabriquer un papier de piètre qualité, la trasse grise. Les Begon en question sont ceux mentionnés ci-dessus, Guillaume Begon-Chantelauze, puis Pierre Begon-Mallègue, Guillaume Begon-Marchinat travaillant avec son frère Pierre Begon-Grolon (1628 – 1676) et enfin Pierre Begon-Bertin. Son cousin Claude Begon décède en 1711, peu après que Pierre est parti à Lagat et ses enfants travailler au moulin de La Vigne. En 1717, plus de Begon à Thamias mais des Dupuy qui l’ont acquis sans doute en tant que créanciers.

Village de Thamias et papeterie.
Village de Thamias et papeterie. Cadastre napoléonien de Marsac, 1836. Extrait de la planche AD63 55 FI 614, section A de Brugeailles, 3e feuille.
Fabrique de Thamias. AD63
Fabrique de Thamias. Cadastre napoléonien de Marsac 1836. Détail de la planche AD63 55 FI 614, section A de Brugeailles, 3e feuille.

Filigrane de Claude et Jean Nourrisson de Thamias.

 

Filigrane de Claude et Jean Nourrisson père et fils, fabricant de papier du moulin de Thamias. Tableau des filigranes auvergnats 1733. AD63, 1 C 497 – 22 FI 281.

En 1733, exit les Dupuy, du moins en apparence, Claude et Jean Nourrisson père et fils fabriquent du papier au moulin de Thamias. Sont-ils des fermiers des Dupuy ? Rien ne permet de l’affirmer. Et qui sont-ils ? Une piste, Claude Nourrisson papetier à Longechaud, marié en 1701 à Jeanne CAILLOT (ou Cailhot). Jean leur fils est né à Marsac, il épouse en 1738  Anne Nourrisson à Renaison. Il décède avant 1747. Sa veuve se remarie en 1747 à Antoine BONNEFOY papetier. Il décède à son tour en 1749. L’acte de mariage stipule clairement qu’Anne Nourrisson habite Thamias.

Extrait de l'acte de mariage d'Antoine Bonnefoy et Anne Nourrisson : "
Extrait de l’acte de mariage d’Antoine Bonnefoy et Anne Nourrisson : « Antoine Bonnefoy fils de François et de défunte Anne Roche papetier habitant du lieu de Miniaval paroisse de Saint-Martin-des-Olmes âgé d’entour trente trois ans faisant d’une part, et honnête Anne Nourrisson fille de feu Joseph et de feüe Marguerite Cueille et veuve en premières noces de Jean Nourrisson, habitante du lieu de Tamias en cette paroisse et âgée d’entour trente ans faisant autre partie, après que leur promesse de mariage a été publiée (…) ». AD63 3 E 210-41.

Les documents fiscaux de 1743 précisent ce que possèdent Claude Nourrisson et son fils Jean, et leur cote de taille, à savoir un moulin à deux roues, un jardin potager, un bout de terrain planté en chanvre et une prairie permettant de nourrir une vache, pour une cote de 14 livres et 10 sols.
En 1749, après le décès de Jean Nourrisson et le remariage de sa veuve avec Antoine Bonnefoy, la cote n’est plus que de 13 livres et 18 sous pour les mêmes possessions, idem en 1750 alors qu’Anne Nourrisson est enceinte et veuve d’Antoine Bonnefoy.
Elle est encore propriétaire fabricante du moulin de Thamias dans les documents de 1772, puis 1775. En 1776, la main est passée à Claude, l’un des fils du couple Nourrisson-Nourrisson.

 

Revenons quelques instants sur le ruisseau de Tonvic et intéressons-nous au moulin du Prélat. L’état de 1671-2 mentionne un certain FAYOLLE travaillant une roue sur deux pour fabriquer de la trasse grise. Encore une fois, un papetier dont l’état financier est sans doute précaire.
Nous retrouvons le moulin en 1733 avec à sa tête Claude Chapon, fils à feu Jean. La famille reste propriétaire du moulin plusieurs dizaines d’années puisqu’ils sont de nouveau cités en 1772 (Claude Chapon, propriétaire de la fabrique du Prélat, à deux roues), et en 1776 (héritiers de Claude Chapon). À cette date, le moulin est louée à Jean Dandrieu, il possède toujours deux roues.
À la veille de la Révolution, puis pendant la Révolution, un certain Simon JARSAILLON (1753 Chadernoles – 1817 Le Prélat) est fabricant de papier au Prélat. Il est l’époux de Magdeleine Chapon, petite-fille de Claude Chapon.

Filigrane de Claude Chapon, fils à feu Jean, fabricant de papier du lieu du Prélat, paroisse de Clermont. Tableau des filigranes auvergnats de 1733Filigrane de Claude Chapon, fils à feu Jean, fabricant de papier du lieu du Prélat, paroisse de Clermont. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

Claude Chapon (1688 – 1753) n’est pas un inconnu dans le quartier, il est lié à la famille Begon par sa femme, Jeanne Begon (1695 – 1766), fille de Claude Begon et d’Anne CLOUVET, petite-fille de Pierre Begon et de Jeanne Mallègue du moulin de Thamias. Anne Clouvet, la belle-mère, est décédée au Prélat en 1752, mais elle est fille de Claude Clouvet tenant le moulin de La Vigne à Marsac (mentionné en 1717 comme fabricant de ce moulin à trois roues). Claude Clouvet décède en 1720.

Acte de décès de Claude Clouvet, le 5 mars 1720 à Marsac : "
Acte de décès de Claude Clouvet, le 5 mars 1720 à Marsac : « M. Claude Clouvet marchand papetier du moulin de la Vigne a été enterré le sixième mars mille sept cent vingt étant mort le jour précédent âgé entour quatre vingt ans (…) ». AD63 3 E 210-34.

 

Son petit-fils Jean Begon prend la suite, il est fermier du moulin de La Vigne qui appartient en réalité aux Dupuy (la famille l’avait récupéré de la faillite en 1703 de Jean-Joseph Colombier, fils de Jeanne Dupuy et Benoît Colombier et marchand-papetier à La Vigne et La Frédière-Basse). Il est mentionné en 1733 dans le tableau des filigranes d’Auvergne comme « fabricant de papier au moulin de la Vigne à Marsac ».

Après lui, il n’est plus fait mention de Begon à La Vigne ; néanmoins, des documents fiscaux de 1743 et 1749 nous indiquent que le moulin de La Vigne a été entre les mains d’Anne Clouvet et de ses fils Jean, Joseph et petit-fils Jean jusqu’après 1743.

Filigrane de Jean Begon, fils à feu Claude, fabricant de papier du lieu de La Vigne, paroisse de Marsac.Filigrane de Jean Begon, fils à feu Claude, fabricant de papier du lieu de La Vigne, paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

 

 

En 1743, le moulin de La Vigne a en effet pour fabricants « la veuve de Claude Begon et ses fils Jean et Joseph ». Il est décrit comme doté de trois roues dont une est vacante et d’un moulin à farine. La famille Begon est taxée par ailleurs pour deux maisons à Chadernolles, une rente foncière de 15 livres, environ 3 tonnes de foin et autour de 3500 m² de terres à semer, pour un impôt de 20 livres 2 sols, un impôt dans la tranche basse pour les possesseurs d’un moulin à trois roues.

Les rôles de taille de 1749 indiquent clairement qu’Anne Clouvet et son fils Joseph Begon ne possèdent plus ni moulin à papier ni moulin à farine. En revanche, ces derniers sont passés entre les mains de Claude et Claude MISSONNIER, fabricants père et fils. Une note signale : « Lesdits Missonnier qui sont venus depuis peu faire valoir une fabrique que la veuve Begon et des fils avaient abandonnée, ont l’honneur de prier Monsieur l’Intendant de vouloir bien les cottiser pour les articles cy dessus qui sont tout ce qu’ils possèdent ». À savoir un petit potager, une maison à Saint-Martin-des-Olmes et un peu plus d’une tonne de foin (ou le terrain permettant de ramasser l’équivalent). Qui sont ces Missonnier ?
Claude Missonnier (né vers 1726) est fils d’un autre Claude, de Job, marié à Françoise Nourrisson fille d’un papetier de Longechaud. En 1736, Claude le père est coucheur ou gouverneur à Saint-Martin-des-Olmes. Il possède une petite maison avec un bout de jardin et un peu de terre. En 1742, il devient tenancier du moulin d’Escalon à Ambert, à la place de Pierre Artaud. Il est alors à la tête d’un moulin à papier à deux roues, d’un potager, d’une grange étable et étendoir, et quelques terres en prairies et cultures. Le tout pour une taille de 19 livres. Il en est de même en 1743.

Le moulin de La Vigne sur le cadastre Napoléonien de Marsac.
Le moulin de La Vigne sur le cadastre napoléonien de Marsac. 1836, AD63 55 FI 617, planche de Chadernolle, section B, 3e feuille.
Le moulin de Al Frédière-Basse, voisine de La Vigne et de Chadernolles, sur le cadastre napoléonien de Marsac. 1836, AD63 55 FI 617, planche de Chadernolle, section B, 3e feuille.
Le moulin de La Frédière-Basse, voisine de La Vigne et de Chadernolles, sur le cadastre napoléonien de Marsac. 1836, AD63 55 FI 617, planche de Chadernolle, section B, 3e feuille.

En 1772, Claude Missonnier fils est mentionné comme propriétaire fabricant du moulin de La Vigne, mais aussi de La Frédière-Basse ! Soit pour un total de 5 roues. En 1775, il n’est plus taxé que pour une roue et demie, et la cote qu’il doit régler montre que la fortune n’est pas là.

En 1776, les moulins de La Vigne et de La Frédière-Basse semblent être passés entre les mains de Jeanne JARSAILLON, propriétaire et fabricante.

Filigrane de Jean Jarsaillon fils à feu Damien, fabricant de papier trace du moulin de La Frédière basse paroisse de Marsac.Filigrane de Jean Jarsaillon fils à feu Damien, fabricant de papier trace du moulin de La Frédière basse paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

Qui est-elle ? La fille de Marie Bourlhonne et de Jean Jarsaillon, elle née à Marsac, lui à Ambert de Damien Jarsaillon et de Jeanne Audebert au hameau de Valeyre, en 1685. Il est fabricant de papier. Les deux se sont mariés en 1711 à Marsac, ils ont quatre enfants, Claude (1712 qui sera ouvreur ou coucheur dans les années 1740), Jacques (début 1717), Antoinette (fin 1717) et Jeanne (1720).
En 1733, Jean Jarsaillon a repris une activité papetière à La Frédière Basse (qui appartient à la famille Dupuy), comme l’indique le tableau des filigranes d’Auvergne, et fabrique de la trasse. Mais auparavant, le couple habitait à Roland tenu par les Begon, juste après le mariage, puisque les quatre enfants sont tous nés à Roland. Sans doute l’occasion de créer des rencontres, des histoires d’amour et des alliances familiales…

Le fils aîné du couple Jarsaillon-Bourlhonne, Claude, épouse en effet le 02 juin 1749 Marie Begon, fille de Claude Begon et Benoîte Sauvade, papetiers en 1733 à Roland. Le même jour, Jeanne Jarsaillon, sœur de Claude, se marie avec Claude Missonnier, dont nous avons parlé ci-dessus. Ces actes nous permettent de comprendre qui fait quoi et où : Claude Missonnier est fabricant de papier au moulin de La Vigne, Jeanne habite la Frédière-Basse. Son frère Claude Jarsaillon est fabricant de papier à La Frédière-Basse, Marie Begon habite la Grandrive où son père est fabricant de papier.
Rien d’étonnant donc à ce que Claude Missonnier soit devenu propriétaire fabricant de La Frédière-Basse en 1776. Le fils de Claude Missonnier et de Jeanne Jarsaillon, Claude, épouse en 1778 Marie GOURBEYRE, fille de Jean-Joseph Gourbeyre et d’Anne Chapon, papetiers au Grand Barrot à Grandrif, moulin affermé par la famille Dupuy à laquelle ils appartiennent.

Une remarque concernant le statut de « propriétaires » du couple Missonnier-Jarsaillon : Michel Boy et Jean-Louis Boithias, dans leur ouvrage sur la papeterie, reprennent l’étude de Louis Apcher sur la famille des Dupuy de La Grandrive. Un passage remet en question la propriété des deux moulins en question : « Thomas-Marie-Joseph Dupuy (1780 – 1823) avait repris la fabrication, associant, dès 1802, à la marche de ses moulins de La Grandrive, La Vigne et La Frédière-basse, son fils aîné Pierre-François-Thomas qui avait épousé Lucie Sablon, fille du maire de Clermont. En 1810, leur affaire se constitua en sociéte sous le nom de « Dupuy de La Grandrive, Père et Fils aîné. (…) » [Michel Boy, JL Boithias, p. 235]. Le couple Missonnier-Jarsaillon n’était-il pas plutôt simplement « fermier » des deux moulins ? Ou bien les Dupuy ont-ils joué le rôle de créanciers et récupéré les moulins suite à la faillite des papetiers ?

Poursuivons par les moulins de Chadernoles**, dans le village, dont l’un est mentionné depuis la fin du XVIe siècle. Michel Boy et Jean-Louis Boithias citent le Minutier du Lyonnais Maître Cozon dans lequel apparaît une certaine Anne FAUGEDOIRE, papetière en 1577 à Chadernoles. Il faut attendre la fin du XVIIe siècle pour voir cité en 1671-2 dans L’état des moulins à papier de la province d’Auvergne un certain Jacques POLVAREL, papetier à Chadernoles. Jacques fait tourner deux roues. Difficile d’identifier les autres moulins de Marsac.
En 1717, Antoine POLVAREL est fabricant de papier à Chadernoles, pour un moulin à deux roues, mais il est vacant. C’est un acte de mariage, celui de son fils Jacques, qui permet d’éclaircir la situation. Le 16 février 1711, Jacques épouse Jeanne JARSAILLON à Marsac. Il est le fils d’Antoine et de Dauphine Bayle, elle est la fille de Damien Jarsaillon et de Jeanne Audebert.

Acte de mariage de Jacques Polvarel et Jeanne Jarsaillon, en 1711.
Acte de mariage de Jacques Polvarel et Jeanne Jarsaillon, en 1711. « Les publications faites, sans opposition, les premier, huitième et quinzième février 1711, j’ay épousé le seizième suivant maître Jacques Polvarel fils à Antoine marchand papetier, et à Dauphine Bayle de Chadernoles, et Jeanne Jarsaillon fille à feu Damien, et à Jeanne Audebert de Rolan. Présens Claude et Jacques Garay, Jean Bachelier, et Annet Robert de ce bourg de Marsac (… signatures) ». AD63 3 E 210 34 – 1710 – 1722.

Jarsaillon est un nom que nous avons rencontré à plusieurs reprises, à Roland et à La Frédière-Basse. Jeanne Jarsaillon-Polvarel (ca 1683 – 1747) est la sœur de Jean Jarsaillon, papetier de La Frédière-Basse, et la tante de Jeanne Jarsaillon, femme de Claude Missonnier, papetiers à La Frédière-Basse et à La Vigne. Nous restons donc en famille une fois encore pour ce moulin de Chadernoles. (À noter que Jean, Jeanne, et leurs frère et sœur Claude et Antoinette se marient tous les quatre en 1711 à Marsac, deux en février, deux en juin. Claude épouse Jeanne Bourlhonne, sœur de sa belle-sœur, et Antoinette épouse un compagnon papetier de Marsac, Jean Clouvet.)
Quant à l’autre moulin de Chadernoles, lui aussi à deux roues et vacant, il est tenu par les descendants de Claude BAROT, marchand-papetier à Chadernoles. Claude Barot est le fils de Jean Barot (1638 – 1692), marchand-papetier à Marsac. Claude naît à Chadernoles en 1681, décède à Marsac en 1715. Il épouse trois femmes dont il a sept enfants.

En 1733, Le Tableau des filigranes (…) donne deux noms pour les moulins de Chadernoles : Jacques FAYOLLE, fils de feu Jean, et Antoine FAVIER, fils de Pierre, fabricant de trasse grise.
Un document fiscal de 1743 donne plus de détails sur les moulins, et la personne d’Antoine Favier. Le moulin de Jacques Fayolle comprend deux roues plus un moulin à farine, un jardin potager, des terres pour les cultures et plusieurs tonnes de foin. S’agit-il du moulin dit des Girardes à la sortie de Chadernoles ?
Le moulin d’Antoine Favier est plus modeste avec une roue et demie (il ne doit pas tourner complètement), un jardin potager et quelques centaines de mètres carrés pour du chanvre, ce qui correspond plus à l’emprise du moulin à l’entrée de Chadernoles. Quant à Antoine Favier, il est tout simplement le gendre de Jacques Polvarel et de Jeanne Jarsaillon puisqu’il a épousé leur fille Dauphine.

chadernoles_filiFiligrane d’Antoine Favier, fils à feu Pierre, fabricant de papier trace du lieu de Chadernolles, paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

 

 

 

fayolle_chadernoles

Filigrane de Jacques Fayolle fils à feu Jean, fabricant de papier du lieu de Chadernolles, paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

 

En 1749, la famille Fayolle, « Jacques et son fils », est toujours à la tête d’un moulin conséquent. À l’inverse, Antoine Favier-Polvarel n’apparaît plus, le fils Jean du couple Polvarel-Jarsaillon ayant pris les rênes du petit moulin. Son acte de mariage informe d’ailleurs sur les alliances tissées entre eux et des papetiers d’une autre vallée, les Joubert-Sauvade. Izabeau Sauvade, mère de l’épouse, aussi dénommée Elisabeth, était en effet l’arrière-petite-fille de Jacques Sauvade, papetier de Vimal et de la Combe-Basse au XVIIe siècle.

Acte de mariage de Jean Polvarel et Marie Jourbert
Acte de mariage de Jean Polvarel et Marie Jourbert : « Jean Polvarel fils à feu Jacques et de feüe Jeanne Jarsaillon papetier, habitant du lieu de Chadernolles en cette parroisse de Marsac, âgé d’entour vingt ans faisant d’une part, et Jeanne Joubert fille à feu Antoine vivant papetier et de feüe Izabeau Sauvade habitante au lieu du Petit-Vimal parroisse d’Ambert âgée d’entour dix-neuf ans faisant d’autre partie (…) » – AD63 3 E 10 41 – 1745 – 1747.

Sur le relevé des cotes de tailles de 1750 rien ne change, et il faut attendre 1772 pour que la situation diffère. L’état de la papeterie d’Auvergne fait état en effet des successions intervenues au sein des deux moulins. Au moulin Polvarel entre en scène un nouveau venu, Crépin Pacros (dénommé Séverin Parrot sur le document de 1772, Crépin Pacros en 1775 et Crépin Parrot en 1776), époux de Marie Polvarel, fille des précédents Polvarel-Joubert. Les descendants de Crépin, Antoine puis ses enfants, transformeront la papeterie en féculerie puis meunerie au cours du XIXe siècle. Le moulin possède une roue en 1772, une et demie en 1775 avec jardin, foin et terre à planter chanvre, deux roues en 1776, devant alors tourner à plein.
Du côté des Fayolle, les « enfants de Joseph » sont propriétaires en 1772 tandis que Pierre est locataire fabricant d’une fabrique à deux roues. En 1775, ce sont « les enfants mineurs de la veuve décédée » qui font tourner un moulin à deux roues, un moulin à blé, plus des terres à Chadernoles, Varennes et d’autres biens. Leur cote est toujours plus élevée que celle des Pacros-Polvarel. En 1776 ils sont deux propriétaires, Chavaniac et Fayolle, tandis qu’un certain Antoine Girard est locataire fabricant à la tête d’un moulin à deux roues. À la Révolution, François Fayolle arrête, en raison des désordres économiques et des difficultés à se fournir en chiffons. Ce moulin deviendra par la suite une féculerie, répertoriée sous le nom de Thomas Molin (ou Moulin) sur le cadastre de 1836.

Le moulin du Suchet est le dernier petit moulin de Marsac, situé sur le ruisseau de Chadernoles pas très loin des Girardes et du village de Chadernoles. Sur le document de 1671-2, un certain Pierre Polverel ou Polvarel tient un moulin à deux roues fabricant de la trasse grise et travaillant à moitié.
Le document de 1717 recense un certain Polverel au moulin du Suchet, détruit (c’est-à-dire que l’outil de travail n’est plus en état de fonctionner, ça n’implique pas que le bâtiment est en ruines).
En 1733, la situation semble meilleure puisque Guillaume ARTAUD, fermier judiciaire, a repris le moulin du Suchet. Pierre Polverel et ses descendants ont dû faire faillite et les créanciers ont repris l’outil et placé un fermier, fils d’un autre Guillaume Artaud, papetier. Mais ils ne sont pas allés chercher n’importe où, n’importe qui. Guillaume Artaud ne débarque pas en effet de nulle part, il n’est pas un inconnu de Marsac, mais bien le frère de Claude Artaud, époux de Marie Begon, fille des Begon-Bertin de Thamias.

artaud_suchet

Filigrane de Guillaume Artaud, fils à feu autre Guillaume, fabricant de papier, fermier judiciaire du moulin du Suchet paroisse de Marsac. Tableau des filigranes auvergnats de 1733.  AD63, 1 C 497 – 22 FI 281

 

Les documents fiscaux de 1743, 1749 et 1750 signalent toujours sa présence au moulin. Ce dernier est doté de deux roues, d’un jardin potager et des prairies permettant de nourrir une vache. La cote de taille définie (16 livres 9 sols) est de l’ordre des autres petits moulins à deux roues de la vallée.

Guillaume Artaud décède en 1765 et le moulin du Suchet n’est plus mentionné par les relevés des cotes de tailles de 1772, 1775 et 1776.

Tableau des familles réparties par moulin au cours des 16e au 19e siècles, et leurs liens.
Tableau des familles réparties par moulin au cours des 16e au 19e siècles, et leurs liens.

Le tableau ci-dessus « résume » le texte qui précède. On constate que les moulins de Thamias, La Vigne et la Frédière-Basse apparaissent clairement à un moment ou à un autre comme appartenant aux Dupuy.
Les moulins de Roland, Thamias, le Prélat, Le Suchet, La Vigne et La Frédière-Basse sont liés par un biais ou un autre à la même famille Begon dont nous parlions au début de texte. Qu’à cette famille sont alliées les familles des Jarsaillon, des Chapon et des Polvarel, qui semblent plutôt attachées à cette vallée. Mais que les liens avec d’autres vallées ne sont pas absents aux travers des Clouvet, Missonnier, Joubert ou Sauvade, ou bien de façon plus anecdotique des Artaud ou les Gourbeyre de Valcivières.

Prochain épisode de la vallée, les Dupuy de La Grandrive…

*BOY, BOITHIAS, Moulins, papiers et papetiers d’Auvergne, éditions des Monts d’Auvergne, 2014.
**Deux anciennes papeteries ont tourné à Chadernoles, la papeterie Pacros à l’entrée du village le long du Grandrif, et la papeterie de La Girarde, actuellement dénommée moulin de Pacros, sur le Chadernoles.

7 thoughts on “Les moulins du Grandrif et du Chadernoles

  1. Dans une généalogie « Descendance du maire d’Ambert Barthélémy Marie BERNARD (né en 1793, décédé en 1848) et de sa famille proche », j’ai trouvé : BERNARD Barthélémy, né à Valcivières 29/02/1769, décédé dans la ville d’Ambert 29/01/1845, marié à Ambert 13/08/1792 avec SAUVADE Suzanne, née et baptisée à Ambert 28/10/1760, décédée dans la ville d’Ambert 29/10/1845 (fille de Claude SAUVADE, décédé avant 1792 et de Françoise FAYOLLE) ; dont : BERNARD Barthélémy Marie, né « Rue de la Loy » (Ambert) 06/05/1793, décédé notaire et membre du conseil général dans la ville d’Ambert 14/02/1848, marié à Viverols 22/09/1813 avec GRANET Liberté Benoîte, née à Viverols 05/06/1793, décédée dans la ville d’Ambert 11/08/1846 ; dont : BERNARD Pierre Agathe Hypolite, né en la ville d’Ambert 06/05/1822, décédé avocat demeurant à Ambert « chez Monsieur Louis PLATEL, traiteur l’établissement thermal où il prenait les eaux » à Saint Martin d’Uriage (Isère) 04/09/1877 (transcrit mairie Ambert 21/02/1892), marié à Marsac en Livradois 07/08/1849 avec FAYOLLE Jeanne Catherine Coralie, née à Antoingt 25/12/1830, décédée propriétaire « rue Saint Joseph » (Ambert) 21/01/1897 (fille de Michel Charles FAYOLLE et de Marie Magdelaine Eugénie Marceline TRIOZON)
    Y a-t-il une parenté entre les familles FAYOLLE : ça ne sait pas, pour le moment ?

    1. Bonjour Yode, si quelqu’un pouvait identifier ces Fayolle et situer leurs origines, ça serait un plus. Je ne sais pas d’où ils sortent

      1. Bonjour, je vais voir ce que je peux trouver, à moins, qu’un autre lecteur ou qu’une autre lectrice soit plus rapide que moi pour trouver !!!

        1. Voici le début d’un complément sur deux familles FAYOLLE :
          « Les » familles FAYOLLE
          SAUVADE Suzanne, née et baptisée à Ambert 28/10/1760, décédée dans la ville d’Ambert 29/10/1845
          Fille de : Françoise FAYOLLE, née et baptisée à Marsac 30/08/1728 (filleule de Jacques DEI (d’Ambert) et de Françoize BONNEFOIS qui ont signé), décédée à la Combe Basse (Ambert) 27/03/1772, inhumée dans l’église d’Ambert 28/03/1772 en présence de Claude et Jacques SAUVADE, ses deux fils « aynés » qui n’ont voulu signer (mariée entre 1748 et 10/1760 avec Claude SAUVADE, décédé après8/1792)
          Fille de : FAYOLLE Jacques, né peut-être vers 1690, de Chadernolles (Marsac) en 06/1720, de son vivant fabricant de papier habitant de Chadernolles (Marsac), décédé avant 03/1772 (marié (avec dispense du second au troisième degré de consanguinité) à Marsac 25/06/1720 avec Françoise BONNEFOY, décédée avant 03/1772 ; fille de Pierre BONNEFOY, marchand tanneur du bourg de Marsac en 06/1720 et de Françoise VIGNOLLE, du bourg de Marsac en 06/1720)
          Fils de : FAYOLLE Jean, fut marchand papetier, décédé avant 06/1720 (marié avec Marie MONTAGNE, décédée après 06/1720)

          FAYOLLE Jeanne Catherine Coralie, née à Antoingt 25/12/1830, décédée propriétaire «Rue Saint Joseph» (Ambert) 21/01/1897
          Fille de : FAYOLLE Michel Charles, né à Marsac 9 nivose an 12 (ou 02/01/1804), propriétaire domicilié à Marsac en 06/1829 et à Tamias (Marsac) en 11/1849, décédé propriétaire habitant le bourg de Marsac 26/03/1878 (marié à Antoingt 29/06/1829 avec Marie Magdelaine Eugénie Marceline TRIOZON, née à Antoingt 13/01/1809, sans profession d’Antoingt en 06/1829 ; fille de Jean-Baptiste TRIOZON, propriétaire et maire habitant à Antoingt en 06/1829 et de Catherine FILERE, décédée à Antoingt 31/08/1822)
          Fils de : FAYOLLE Pierre, né et baptisé à Marsac 21/03/1770, propriétaire du bourg de Marsac en an 12, propriétaire et percepteur des contributions directes domicilié à Marsac en 06/1829 et propriétaire du bourg de Marsac en 04/1812, décédé à Marsac 06/01/1857 (marié à Marsac 12/06/1792 avec Jeanne Catherine BONNEFOY, née vers 1770, propriétaire du bourg de Marsac en an 12, domiciliée à Marsac en 06/1829, décédée au chef-lieu de Marsac 26/11/1849 ; fille de Pierre François BONNEFOI, décédé avant 11/1849 marié avec Marie FOUGEROUZE, décédée avant 11/1849 ; le couple FAYOLLE-BONNEFOY a eu, au moins, une fille mariée avec Etienne PAULIN, percepteur habitant de la ville d’Ambert en 11/1849)
          Fils de : FAYOLLE Claude François, né à Chadernolle (Marsac) et baptisé 31/03/1739, lieutenant au baillage de la Fredière procureur d’office en celuy de la Grand’Rive notaire et procureur en celuy et procureur en la maîtrise des eaux et forêts d’Ambert en 04/1766, notaire public habitant du bourg de Marsac en an 12 et juge de paix à Marsac, décédée notaire impérial à la résidence du bourg de Marsac habitant du bourg de Marsac 06/04/1812 (filleul de Claude COLANGE, communaliste du bourg de Marsac en 03/1739 et de Françoize BONNEBFOY épouse de Pierre FAYOLLE, bailly de Viverols habitant d’Ambert) (marié à Marsac 29/04/1766 avec Françoise NOURRISSON, née vers 1744, habitant du bourg de Marsac en 04/1766 ; fille de Jean NOURRISSON, décédé avant 04/1766 et d’Anne NOURRISSON, habitant au lieu de Thamiat (Marsac) en 04/1766 ; le couple FAYOLLE-NOURRISSON a eu, au moins, un autre garçon Jacques Jean Joseph FAYOLLE, né vers 1768, propriétaire habitant du bourg de Marsac en 04/1812)
          Fils de : FAYOLLE Jean, marchand de Marsac en 03/1739, décédé avant 04/1766 (marié avant 1739 avec Antoinette MAYET, décédée avant 04/1766)

          1. Merci Yode, vous dégainez plus vite que votre clavier !
            Les premiers Fayolle rencontrés (en tant que maîtres-papetiers) remontent à la fin du XVIIe siècle, au Prélat. Aucun autre n’est mentionné auparavant, même dans le livre de Boy et Boithias qui ont pourtant bien écumé les archives.

  2. Quelques informations sur la famille CHAPON citée ci-dessus ; ne sont pas notées les familles PAULIN, GAUTHIER, OSSEDAT …
    CHAPON Vincent, marié avec VIGNOLLE Marie, née en 1630, décédée en 1692
    CHAPON Jean, né vers 1660, de la Raubertie (paroisse d’Arlanc) en 08/1684, marchand papetier à la Vigne (paroisse Marsac) en 01/1688, compagnon papetier de la Grandrive (Marsac) en 02/1714, décédé après 09/1720, marié à Ambert 29/08/1684 avec JARSAILLON, née à Taboulet (Ambert) 18/09/1652, du Clos (paroisse d’Ambert), décédée au Prélat (paroisse de Chaumont) 11/03/1720 (fille de Jean JARSAILLON, décédé avant 08/1684 et de Jeanne ROLHION)
    CHAPON Vincent, né paroisse de Marsac en 06/1685, décédé à Arlanc en 1708
    CHAPON Marie, née paroisse de Marsac en 12/1686, décédée en 01/1687
    CHAPON Claude, né à la Vigne (paroisse de Marsac) à 7 heures 05/01 (baptisé le 06/01/1688 filleul de Claude CHAPON, son oncle et de Damiane JARSAILLON, sa tante papetière), présent au mariage de son fils Claude CHAPON en 07/1748, décédé marchand papetier au Prélat (paroisse de Chaumont) 19/05/1753, dit vivant marchand en 09/1756 ; marié paroisse de Marsac 04/02/1714 avec BEGON Jeanne, née à la Vigne (Marsac) 03/04/1698, de la Vigne (paroisse de Marsac) en 02/1714 (marraine le 06/05/1731 de Jean BARO (paroisse de Marsac), dite « Honnête » habitant du lieu du Prélat (Chaumont) en 09/1756, décédée à Chaumont 29/06/1766 (fille de Claude BEGON, décédé avant 02/1714, papetier marchand et d’Anna CLOUVET)
    CHAPON Anne, née 1er/04/1717 (filleule de Jean CHAPON, son grand-père)
    CHAPON Claude, né 27/09/1718, parrain paroisse de Marsac le 02/10/1754 de Claude RODARIE, marchand au Prélat (Chaumont) en 09/1756, décédé fabricant de papier au Prélat (paroisse de Chaumont) 07/01/1772, marié à chaumont 23/07/1748 avec CHADENAT Hélène, née à Beurrières 27/01/1723, marraine paroisse de Marsac le 02/10/1754 de Claude RODARIE, décédée au Prélat (Chaumont) 05/08/1772 (fille de Pierre CHADENAT et d’Hélène DUPIN)
    CHAPON Claude, né 10/09/1749 (filleul de Claude CHAPON, marchand papetier paroisse de Grandrif), décédé 26/09/1749 (témoin : Claude CHAPON, son parrain)
    CHAPON Jeanne Marie, née 07/09/1750 (filleule de Guillaume CHADENAT et de Jeanne BEGON, sa grand-mère paternelle), décédée 28/08/1754
    CHAPON Anthoine, né 28/08/1752 (filleul d’Anthoine CHAPON, son oncle et d’Isabeau CHADENAT, sa tante) ; décédé 06/05/1754
    CHAPON Benoît (sera appelé l’aîné, les autres étant décédés à la naissance), né 21/05/1755 (filleul d’Anne CHAPON, sa tante, de Grandrif), compagnon papetier en an 4, journalier en an 6, décédé papetier 6 ventose an 9 (ou 26/01/1801) (témoins : son épouse et Jean-Baptiste CHAPON, 37 ans, son frère et papetier à Valeyre (paroisse d’Ambert) ; marié (1ères noces) 20/04/1779 avec ARTAUD Marie, de la Frédière Basse (paroisse de Marsac), décédée 21/11/1791 ; marié (2èmes noces) 5 messidor an 2 (ou 23/06/1794) avec VERNADET Marie Anne, décédée après ventose an 9 (ou 01/1801)
    Du 1er lit :
    CHAPON Jean-Baptiste, né 29/06/1780 (filleul de Jean-Baptiste CHAPON et de Jeanne SAUVADE), compagnon papetier en ventose an 11, décédé célibataire 28/03/1818 (témoin : Jacques JARSAILLON, 32 ans, son cousin)
    CHAPON Jeanne Marie Madeleine, née 22/12/1782 (filleule de Jeanne Marie Madeleine CHAPON), décédée 20 pluviose an 3 (ou 08/02/1795)
    CHAPON Marie, née 26/03/1784 (filleul de Simon JARSAILLON et de Marie ARTAUD), décédé 09/08/1785
    CHAPON décédé ondoyé à la naissance 28/02/1786 à Marsac
    CHAPON Marie, née en 1789, décédée 25 pluviose an 3 (ou 13/02/1795) (témoins : Gabriel GARAIT mari d’Anne CHAPON, oncle et tante)
    Du 2ème lit :
    CHAPON Jean-Baptiste, né 20 nivose an 4 (ou 10/01/1796), décédé 11 brumaire an 6 (ou 1er/03/1797)
    CHAPON Marie-Madeleine, née 11 germinal an 6 (ou 31/03/1798)
    CHAPON Jeanne-Marie, née 3 fructidor an 9 (ou 21/08/1801), décédé 10 ventose an 11 (ou 1er/03/1803) (témoin : Jean-Baptiste CHAPON, son frère, compagnon papetier)
    CHAPON Jean Joseph, né 06/11/1756 (fille de Jean Joseph GOURBEYRE, paroisse de Grandrif et de Janetton CHADENAT, du bourg d’Arlanc), décédé en 04/1757
    CHAPON Madeleine, née 1er/05/1758 (filleule de Madeleine CHAPON, du Barrier (paroisse de Grandrif) sa tante paternelle), décédée à Chadernolles (Marsac) 26/12/1818 ; mariée à Marsac 30/05/1775 avec JARSAILLON Simon, né à Marsac 26/01/1753, décédé à Chaumont 23/11/1817 (fils de Claude JARSAILLON et de Jeanne GARAIT) (agent municipal de Chaumont recevant les actes le 1er du 23 floréal an 6 (ou 12/05/1798) et le dernier du 19 germinal an 7 (ou 08/04/1799)), décédé papetier au Prélat (Chaumont) 23/11/1817
    CHAPON Claude, né 17/08/1759 (filleul de Marie CHADENAT, de Dore l’Église)
    CHAPON Anne Marie, née 18/04/1761 (filleule d’Anne Marie COLANGE, d’Ambert, mariée (autorisée par Antoine CHAPON, son oncle et curateur) 09/02/1779 avec GARAIT Gabriel
    CHAPON Jean-Baptiste, né au Prélat (paroisse de Chaumont) 16/03/1764 (filleul de Jean-Baptiste BERTHEOL, de Grandrif), compagnon papetier à Ambert en 06/1792, décédé fabricant de papier à Noirat (Ambert) 15 ventose an 13 (ou 10/03/1805) ; marié à Ambert 11/06/1792 avec ARTAUD Madeleine, d’Escalon (paroisse d’Ambert) (fille d’Alexandre ARTAUD, fabricant de papier à Escalon (Ambert) en 06/1792 et de Madeleine MICOLON, d’Escalon (Ambert) en 06/1792), de Valeyre (Ambert) en 07/1810, décédée 15/08/1812 (les 2 sœurs se marient le 11/06/1792 : Michelle ARTAUD avec Jean GRIVEL, fils de Jean GRIVEL et de Marie JARSAILLON ; papetier à Grivel (Saint Martin des Olmes) en 06/1792) (mariée (2èmes noces) 23/07/1810 avec QUIQUANDON Claude, né vers 1746, compagnon papetier à Valeyre (Ambert) en 07/1810 et en 08/1812 ; d’où : Mathieu QUIQUANDON, né à Valeyre (Ambert) 16/11/1811)
    CHAPON Jeanne Madeleine Alexandrine, née à Escalon (Ambert) 04/05/1793, décédée 20/10/1794
    CHAPON Joseph, né à Escalon (Ambert) 18/02/1794, décédé 22/02/1794
    CHAPON Jean Joseph Alexandre, né à Escalon (Ambert) 14 germinal an 3 (ou 03/04/1795), compagnon papetier à la Boissonie (Ambert) en 11/1815, ouvrier papetier à la Tranchecotie (Ambert) en 01/1832, compagnon papetier à la Tranchecotie (Ambert) en 02/1834 et en 06/1834, papetier aux Meys (Job) en 11/1841, décédé à la Forie (Job) 22/09/1863
    marié (1ères noces) à Ambert 03/11/1815 avec TAMIZIER Jeanne Marie, née à Job 06/02/1792, décédée à la Tranchecotie (Ambert) 15/03/1824 (fille de Damien TAMIZIER, décédé avant 11/1815 et de Marie TRUNEL, papetière à la Forie (Job) en 11/1815, décédée avant 03/1824)
    CHAPON Marie-Louise, née à la Tranchecotie (Ambert) 28/10/1819, décédée 11/01/1870 ; mariée avec MISSONNIER Benoît, papetier à la Forie (Job), décédé après 01/1870
    CHAPON Jacques, né 26/08/1821, décédé 21/06/1824
    marié (2èmes noces) à Job 08/06/1824 avec CHEVARIN Jeanne, née à Lachampt (Job) 04/06/1787, décédée à Ambert 25/09/1831 (fille de Jean CHEVARIN et de Marie JOUHANNET) (mariée en 1ères noces à Job 11/07/1815 avec François CHAMPANDAL, né à Saint Clément 23/05/1791, décédé aux Fraisses (Job) 22/10/1822 ; d’où Annet CHAMPANDAL, né 11/06/1817)
    CHAPON Marie, née 22/08/1826, décédée célibataire ouvrière à la Forie 08/07/1883 (témoin : Régis CHAPON, son frère, ouvrier papetier)
    Marié (3èmes noces) à Ambert 11/01/1832 avec POURRAT Jeanne-Marie, née à Job 24/12/1800, couturière en la ville d’Ambert en 01/1832, décédé à la Tranchecotie (Ambert) 07/02/1834 (fille de Claude POURRAT et de Jeanne REYROLLES) (veuve de Damien TIXIER, décédé à l’armée 09/10/1827)
    Marié (4èmes noces) 03/06/1834 avec SEGUIN Marie Anne, née à Job 02/03/1803, demeurant au Champ de Clure (Ambert) en 06/1834, papetière à la Forie (Job) e, 02/1864 (fille de Jacques SEGUIN, décédé 16/04/1833 et de Marie ARTAUD, décédée 19/04/1813)
    CHAPON Marie-Louise, née 26/06/1836
    CHAPON Jean-François Régis, né à Job 27/11/1841, ouvrier cartonnier à Job en 02/1864, papetier à la Tranchecotie (Ambert) en 10/1866, papetier à la Tranchecotie (Ambert) en 02/1869, papetier à la Forie en 01/1875, ouvrier papetier en 11/1881, décédé sans profession à la Forie 22/10/1915 (témoin : Jean-Marie Benoît CHAPON, journalier, son fils) ; marié à Ambert 09/02/1864 avec DAPZOL Marie-Gabrielle, née à Ambert 08/07/1845, papetière en 02/1864, décédée ouvrière passementière à la Forie 06/12/1929 (fille de Jean DAPZOL, décédé en 1861)
    CHAPON Marie-Louise, née à Ambert 05/10/1866, décédée ouvrière passementière 22/07/1936 ; mariée avec PAULIN Jean-Félix Léon, décédé avant 07/1936
    CHAPON Jean-Marie, né à Ambert 22/02/1869, décédé à Ambert 26/03/1936 (témoin : Augustin THOMASSIN, né vers 1896, facteur S.N.C.F. demeurant place de l’Hôtel de Ville à Ambert, gendre) ; marié avec CHASSAGNOL Marie Delphine
    CHAPON Marie ; mariée avec THOMASSIN (dit Jules)
    CHAPON Jean-Marie Benoît, né 31/03/1872, décédé célibataire forgeron à la Forie 13/12/1934
    CHAPON Marie-Louise, née 11/01/1875 ; mariée 12/08/1899 avec BAYLE Pierre
    CHAPON Marie-Catherine, née 25/11/1881, décédée à Olmet 05/02/1859
    CHAPON Jean-Baptiste, né à Escalon (Ambert) 23/03/1796, décédé 10/09/1796
    CHAPON Marie-Madeleine, née à la Ribbe (Ambert) 26/06/1797
    CHAPON Anne-Marie, née à Ribeyre (Ambert 22/10/1798
    CHAPON Madeleine, née à Ribeyre (Ambert) 11/02/1800
    CHAPON Michelle, née à Ribeyre (Ambert) 31/03/1801
    CHAPON Marie, née à Noirat (Ambert) 06/03/1803
    CHAPON Joseph, né 18/05/1766
    CHAPON Jeanne Marie-Madeleine, née 18/06/1769 (filleule de Benoît CHAPON et de Madeleine CHAPON)
    CHAPON Jeanne, née 08/09/1720 (filleule de Jean CHAPON, du Prélat (paroisse de Chaumont) grand-père)
    CHAPON Anne, née 15/10/1722 (filleul de Jean BEGON et d’Anne VEYSSIER), mariée 12/02/1745 avec GOURBEYRE Jean, marchand papetier au Barot (paroisse de Grandrif)
    CHAPON Anthoine, né 15/09/1725 (filleul d’Anthoine JARSAILLON et de Marie BEGON), garçon papetier en 03/1767, compagnon papetier en 05/1768, décédé compagnon papetier à la Grandrive (paroisse de Marsac) 10/06/1779 (témoin : Benoît CHAPON) ; marié à Ambert 18/02/1754 avec COLLANGE Anne-Marie
    CHAPON Claude, né 28/04/1755 (filleul de Claude CHAPON, son oncle, marchand fabricant de papier au Prélat (paroisse de Chaumont)), décédé 31/12/1761
    CHAPON Pierre, né 09/11/1757 (filleul de Jeanne BEGON, sa grand-mère paternelle)
    CHAPON Jean Joseph, né 09/01/1760, marié 06/11/1787 avec BARRY Anne-Marie, de Rive de Gier (Loire)
    CHAPON Pierre, né 21/02/1789
    CHAPON Marie, née 18/06/1791, décédée 16/12/1867
    CHAPON Alexis Prosper, né 22/03/1793
    CHAPON Jean, né 23/08/1762, décédé 05/09/1762
    CHAPON Anne, née 21/08/1763 (filleule d’Anne CHAPON, sa tante paternelle), décédé veuve 05/03/1838 ; mariée avec DEZOUDES Benoît, décédé avant 03/1838
    CHAPON Marie Madeleine, née 31/12/1764 (filleule de Marie Madeleine CHAPON), décédée célibataire 13/04/1833
    CHAPON Madeleine, née 15/03/1767
    CHAPON Hélène, née 09/05/1768 (filleule d’Hélène CHADENAT, femme de Claude CHAPON, du Prélat (paroisse de Chaumont))
    CHAPON Jeanne, née 29/10/1769, décédée 25/12/1769
    CHAPON Gilberte, née 1er/01/1771
    CHAPON Pierre, né 24/07/1772, décédé célibataire 24/03/1816
    CHAPON Antoine Joseph, né 02/06/1774
    CHAPON Anne Marie, née 28/07/1776, décédée à Ambert 08/02/1857 ; mariée (1ères noces) avec GAYARD Jean-Baptiste,
    mariée (2èmes noces) avec CHANUT Jacques
    CHAPON François, né posthume 04/11/1779
    CHAPON Anne Marie, née 05/06/1731, décédé 06/02/1731
    CHAPON Anne Madeleine, née 06/01/1732 (filleule de Claude CHAPON, son frère et d’Anna CLOUVET, de la Vigne (paroisse de Marsac), sa grand-mère maternelle)
    CHAPON Marianne, née 06/04/1734 (filleule d’Anne CHAPON, sa sœur)
    CHAPON Marie-Madeleine (dite « Honnête » en 09/1756), née à Chaumont 17/08/1735 (filleule de Marie Madeleine COLOMBIER, de la Vigne (paroisse de Marsac), décédée à Grandrif 21 ventose an 11 (ou 12/03/1803) ; marié à Grandrif 21/09/1756 avec BERTHEOL Jean-Baptiste (Maître), né à Grandrif 30/11/1735, marchand épinglier, décédé à Grandrif 05/07/1781 ou 1782 (fils de Maître Jean BERTHEOL et d’Honnête Antoinette NOURISSON ; marchands de Barrier (Grandrif) en 09/1756)
    CHAPON Anthoine François, né au Prélat (paroisse de Chaumont) et baptisé 19/08/1739 (filleul d’Anthoine CHAPPON et de Marguerite « FRELAIRE »), décédé au Prélat (Chaumont) 23/08 et enterré 24/08/1739

  3. Bonjour Yode,
    Le premier Jean Chapon (ca 1660 – > 1720) aurait travaillé pour les Colombiers propriétaires du moulin de La Vigne si je suis bien les informations de la généalogie. Une fois le moulin saisi par les Dupuy, il passe compagnon papetier à La Grandrive. Je m’interroge sur le terme « marchand-papetier » : il me semblait indiquer une position élevée chez les papetiers. Les Colombiers lui avaient-ils confié les rênes du moulin ?

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