Suis-je bien une coronelle ?

Alors que les travaux avaient déjà démarré à Nouara, j’ai fait courant juin 2018 une rencontre pour ma part sympathique, mais je suis loin de représenter la généralité. Sur le muret devant ce qui sera plus tard mon logement, se chauffait au soleil un joli petit serpent. Le bruit et la frénésie ne semblaient pas l’avoir encore affecté, mais peut-être a-t-il déménagé depuis.

Une Coronelle lisse sur un muret à Nouara, au milieu de petites fougères.
Un serpent très discret, au milieu de petites fougères, se chauffait sur un muret de Nouara. A moins qu’il ne fût aux aguets attendant un lézard…

Rien d’étonnant à croiser des serpents à Nouara, vu le nombre de murets de pierre, les rochers autour, la végétation buissonneuse, le ruisseau et les lézards qui constituent des déjeuners potentiels à certains. J’avais effrayé quelque temps auparavant une magnifique couleuvre de couleur vert-bleu-jaune qui se chauffait sur un rocher au milieu du ruisseau et qui s’était enfuie par la voie des eaux. Sans doute une couleuvre verte et jaune !

Qu’en était-il de l’individu des murailles ? J’avais eu la possibilité de faire quelques photos, une aide pour l’identification, quoique… Premiers constats, un serpent pas très grand et fin, de couleur sombre, sans vraiment de tâche, quelques nuances plus claires. Des écailles bien lisses, mais pas brillantes. Quant à la tête, petite, distincte ici, avec des yeux à la pupille ronde et de grosses écailles sur le dessus. Une couleuvre donc. Autre signe distinctif, une bande noire partant des narines jusqu’à l’oeil, se poursuivant au-delà sur le corps et s’estompant, ou pas (on ne voit pas très bien sur la photo). Le dessous de la tête semble plus clair comme l’arrière où apparaissent des tâches plus sombres. Collée aux grosses écailles crâniennes, une tâche aussi en forme de papillon. S’agit-il d’une Coronelle lisse ? C’est ce qui semble le plus probable.

La tête avec son oeil à la pupille ronde, ses grandes écailles sur le dessus du crâne, sa bande noire sur le côté de la tête partant d'une narine pour gagner le corps, et des écailles bien spécifiques autour de l'oeil : une Coronelle lisse ou couleuvre lisse. Les couleurs sont plus claires auprès de la tête que sur le corps, les dessins se distinguent plus.
La tête avec son oeil à la pupille ronde, ses grandes écailles sur le dessus du crâne, un dessin plus foncé juste en-dessous, sa bande noire sur le côté de la tête partant d’une narine pour gagner le corps, et des écailles bien spécifiques autour de l’oeil : une Coronelle lisse ou couleuvre lisse. Les couleurs sont plus claires auprès de la tête que sur le corps, les dessins se distinguent plus.
De nouveau la tête.
De nouveau la tête.
Détail du corps, les petites écailles du dos. On aperçoit des nuances dans la couleur sombre de cet individu dessinant quelques tâches.
Détail du corps, les petites écailles du dos. On aperçoit des nuances dans la couleur sombre de cet individu dessinant quelques tâches.

La Coronelle lisse est un petit reptile (soixante-dix centimètres environ pour les plus grands) très discret qui vit principalement dans les zones plutôt sèches, rocailleuses, que fréquentent ses proies préférées : lézards et petits serpents, auxquel il ajoute des souris ou autres micro-mammifères qu’il tue par constriction (en les étouffant dans ses anneaux). Il hiberne de novembre à début mars. Les couples se reproduisent vers avril-mai, et la femelle ne pond pas d’œufs mais elle met au monde de trois à quinze petits parfaitement formés à la fin du mois d’août (c’est une espèce ovovivipare, c’est-à-dire que les petits se développent chacun dans un œuf mais dans le corps de la mère).

Plus proche.
Je remonte pour me cacher…

Dernière chose, la Coronelle lisse est un animal totalement inoffensif (elle ne possède pas de venin), et elle est protégée. Alors pas de panique et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire pour l’orvet, les serpents de chez nous sont des « petits » (tout dépend de la taille) trouillards, et ils ne pensent qu’à nous fuir. La Coronelle croisée ce jour de juin, pas agressive envers la malotrue qui l’observait de près, n’a pas mis longtemps à se cacher dans son trou de mur…

Bien cachée !
Bien cachée !
Sources :
Le site Coronella, herpétophone d’ici ou d’ailleurs : http://coronella.free.fr/coraus.php
Le site Serpents de Francehttp://www.serpentsdefrance.fr/Couleuvrelisse.php
Le site de l’ONF : http://www1.onf.fr/activites_nature/sommaire/decouvrir/animaux/amphibiens_reptiles/reptiles/20071031-134613-768214/@@index.html
Le site L’esprit sorcierhttps://www.lespritsorcier.org/blogs-membres/les-serpents-de-france/
Et une émission qui va rappeler des souvenirs à certains : C’est pas sorcierhttps://www.youtube.com/watch?v=0TzcKioh2rg

2 thoughts on “Suis-je bien une coronelle ?

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