Des panneaux complexes

Avant d’explorer les panneaux formant la toiture et les murs de l’auditorium, petit tour du chantier pour faire le point sur les avancements.

La vue depuis la future salle de réception. Au-dessous, le toit et les planchers de la meunerie ont disparu, en attente de reconstruction.
La vue depuis la future salle de réception. Au-dessous, le toit et les planchers de la meunerie ont disparu, en attente de reconstruction.

Les maçons ont fini la destruction de la charpente et du plancher de la meunerie, ne restent que les solives. Ils ont ouvert un accès supplémentaire au nord, remplacé tous les lindages défaillants au sud et remontés à la pierre les murs autour. Ils sont un peu bloqués tout de suite vue la neige.

Ouverture d'un des accès côté nord du vieux moulin permettant de passer du bâtiment à la galerie et circuler dans les étages.
Ouverture d’un des accès côté nord du vieux moulin permettant de passer du bâtiment à la galerie et de circuler dans les étages.

De leur côté, les charpentiers ont poursuivi le montage de la boîte qu’est l’auditorium. Elle est maintenant quasi achevée, ils finissaient lundi le bardage de la partie Est, avec une mise en œuvre un peu différente car les différentes couches n’étaient pas pré-assemblées comme c’était le cas pour les murs et la toiture. La couverture en tuiles viendra par la suite.

À l’intérieur, le volume obtenu est vaste. Il va réduire, un peu (!), puisque sols, plafond et murs vont recevoir isolations thermique et acoustique, et habillage en bois, du peuplier. Sans oublier que ce vaste espace est censé recevoir des gradins en bois qui vont être construits par les charpentiers. Mais pour l’instant, ça ressemble plus à une patinoire qu’à un auditorium !

Le volume intérieur brut de l'auditorium, sans les gradins, le plancher, ni l'isolation.
Le volume intérieur brut de l’auditorium, sans les gradins, le plancher, ni l’isolation.

Revenons maintenant dans le détail à ces panneaux, de toiture ou d’ossature. Tout avait été pré-construit dans les ateliers des charpentiers une fois la commande précisée et les cotes connues. Les fermes on l’a vu sont arrivées assemblées. Où sont donc passées les pannes, les chevrons, les voliges ? Disparus ? Et bien non, une partie est là, mais sous forme de caissons construits en atelier, posés côte à côte. Chacun d’entre eux comprend de haut en bas un panneau de bois et ciment mélangé épais de 24 millimètres, des poutres (pannes) perpendiculaires à la longueur du panneau, entre ces pannes deux couches d’isolant (240 millimètres), puis deux panneaux en bois aggloméré de 22 millimètres chacun. Deux pannes forment les bords longs du caisson, les petites rives étant en panneau bois/ciment. Assemblées, ces boîtes vont constituer la base de pose des chevrons, puis de la couverture. Viendra s’ajouter à l’intérieur l’habillage constitué d’un pare-vapeur, d’une isolation acoustique de 60 millimètres, d’un voile acoustique, de tasseaux qui accueilleront des lames en bois massif de peuplier.

L’intérêt ? Une rapidité et une facilité de mise en œuvre sur le chantier, le contreventement de la charpente et l’isolation de la toiture qui est indispensable et plus performante. Néanmoins, elle nécessite une grue, ce qui pour le chantier de Nouara ne pose aucun souci.

Qu’en est-il maintenant côté mur ? L’ossature bois est une technique qui n’est pas récente et qui a l’avantage de pouvoir être construite en atelier dans des conditions plus favorables que de monter les différents éléments en plein air. Les panneaux des murs de l’auditorium comportent déjà l’habillage extérieur formé par du bardage. Voilà comment se compose le « feuilleté » : à l’extérieur donc, le bardage bois dont les planches jointives n’ont pas toutes la même largeur, des tasseaux horizontaux sur lesquels sont fixées les planches, des tasseaux verticaux sur lesquels les tasseaux horizontaux sont cloués, eux-mêmes cloués sur un panneau bois/ciment recouvert d’un pare-pluie côté extérieur (les planches de bardage sont jointives mais l’ensemble ne sera pas étanche) ; ce panneau bois/ciment sert de contreventement à l’ossature bois elle-même. La largeur d’un bloc d’ossature correspond à l’entraxe entre les poteaux de la charpente ; ces poteaux permettent ainsi de les fixer.

Panneau d'ossature bois.
Panneau d’ossature bois de l’auditorium. Par terre le bardage, tenu en bas par un tasseau horizontal, les tasseaux verticaux sont cachés et le panneau bois/ciment est recouvert d’un film noir pare-pluie. Au-dessus l’ossature bois, ici renforcée par une poutre.

Le même menuisier qui aura habillé le plafond reprendra les murs, avec une isolation entre les montants de l’ossature de 160 millimètres d’épaisseur, un pare-vapeur, deux panneaux de bois aggloméré, une contre-ossature pour tenir un isolant phonique de 50 millimètres d’épaisseur, un voile de feutre acoustique, puis la finition constituée de lames de peuplier fixées à la contre ossature. L’ensemble faisant, si je ne me suis pas trompée, autour de 38 centimètres.

Tout à l’est, sur la partie maçonnée, une ossature bois a été fixée avec une isolation extérieure de 160 millimètres de laine. L’ensemble recouvert du bardage identique au reste du bâtiment.

À l’extérieur, les planches de douglas ont été pré-vieillies, pour prendre une couleur grise qui ne jure pas avec le séchoir de la grange-étable en face. Tous les bardages, posés à l’ancienne ou plus contemporains, seront de cette couleur grisée, discrète.

Le bardage apparaît derrière l'échafaudage. On distingue en haut les corbeaux s'inspirant des anciens, un peu modernisés.
Le bardage apparaît derrière l’échafaudage. On distingue en haut les corbeaux s’inspirant des anciens, un peu modernisés. La couleur grise varie en fonction de l’éclairage et de la lumière ambiante, et les quatre côtés n’apparaîtront pas identiques. Nous sommes ici au sud.

2 thoughts on “Des panneaux complexes

  1. Super merci pour toutes ces précisions…
    On voit maintenant se dessiner les espaces !!
    Petite question subsidiaire : quelle est la technique de vieillissement des planches de douglas?
    Merci
    Aurélien

    1. Bonjour, il s’agit d’un pré-vieillissement par coloration. Le bois ne subit pas de stockage particulier en plein air pour qu’il se patine… Non, le bois utilisé ici est traité par autoclave contre les insectes (sels de bore) et on lui applique dans le même temps une couleur grise qu’il aurait acquis au bout de plusieurs années par l’action du soleil. Cela évite un passage par une décoloration inégale, parfois inesthétique. De plus les planches sont juste rabotées, elles vont encore sécher, travailler un peu, ce qui fait que l’effet ne jure pas du tout avec le bardage du bâtiment en face qui a de nombreuses années.

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