Des papillons très discrets

Poursuite de l’inventaire des insectes observés à Nouara, en attendant que le moulin pousse. Voici des petits papillons très discrets même si assez communs : la Phalène picotée, la Sylvaine, le Cuivré, le Procris, l’Aurore et le Tircis. L’automne est là, certains volettent encore et s’activent à se reproduire avant de mourir, d’autres vont se préparer à passer l’hiver cachés et protégés au maximum du froid. Nous allons nous pencher cette semaine sur la Phalène picotée et la Sylvaine, deux petits papillons d’environ trois centimètres d’envergure.

La Phalène picotée est un papillon extrêmement commun partout en Europe. Elle vit entre autres dans des prairies et sa chenille apprécie le genêt des teinturiers et le lotier que l’on rencontre à Nouara. Deux générations de papillons se succèdent au cours de l’été (entre avril et septembre), et il passe l’hiver sous forme de chrysalide, protégé sous terre.

Portrait d'une femelle. Couleurs claires, ailes barrées de lignes foncées.
Portrait d’une femelle. Couleurs claires, ailes barrées de lignes foncées.
La même, de dessus.
La même, de dessus.
Détail de la tête, montrant des antennes filiformes. Il s'agit d'une femelle.
Détail de la tête, montrant des antennes filiformes. Il s’agit bien d’une femelle.

Ce papillon diurne se donne des airs de papillon de nuit avec un dimorphisme sexuel très net. La femelle est plus grosse que le mâle, de couleur claire, blanc-jaunâtre, avec des bandes irrégulières plus foncées. Ses antennes sont fines (filiformes). Le mâle quant à lui est plus foncé, les ailes parcourues de bandes noires. Détail de différenciation importante, ses antennes sont dites « pectinées », c’est-à-dire constituées d’un axe avec des filaments très fins en partant, comme une palme. Ces antennes que l’on rencontre chez les papillons nocturnes captent les phéromones que les femelles émettent de manière très discrète.

La Sylvaine se distingue par des coloris un peu plus voyants, avec un beau orange-roux sur le dessus des ailes, plus marron sur les bords et cernées d’un trait noir. Le corps de l’insecte est très poilu, sa tête assez grosse avec des antennes écartées et terminées par une sorte de massue. Chez le mâle, un crochet prolonge la massue, et une veine marron foncé cernée de poils barre les ailes antérieures (tâche androconiale !). Ces tâches sont des glandes, ou « androconies », et  émettent des phéromones sexuelles très attractives… Mais surtout, détail unique, les ailes au repos du papillon (des deux sexes) ne sont pas dans le même plan, les ailes postérieures sont à l’horizontale tandis que les ailes antérieures sont relevées légèrement.

Un mâle sur feuille d'ortie.
Une Sylvaine mâle sur feuille d’ortie.
Détail de détermination du sexe : les antennes en massue terminées par un crochet : un mâle.
Détail de détermination du sexe : les antennes en massue terminées par un crochet : un mâle.
Des ailes antérieures relevées qui déterminent l'espèce, une tâche androconiale qui indique le sexe.
Des ailes antérieures relevées qui déterminent l’espèce, une tâche androconiale (visible sur l’aile antérieure gauche) qui indique le sexe.

La Sylvaine vole vivement de juin à août dans les prairies ou en bord de forêt, une seule génération. La femelle pond des œufs blancs sur le dessus des feuilles, les chenilles atteignent 28 mm, c’est elle qui hiverne, dans un abri qu’elle se fabrique. Elle se transforme de nouveau au printemps au sol et un papillon sort de la chrysalide au début de l’été.

Sources :
– Inventaire national du patrimoine naturel : https://inpn.mnhn.fr
– www.quelestcetanimal.com
– Insectes : http://aramel.free.fr
– http://www7.inra.fr/opie-insectes
– http://www.insectes.org
 http://www.lepinet.fr
– http://www.papillon-poitou-charentes.org

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