Les taupins, pas top ?!

Quel que soit le moteur de recherche utilisé, la requête « taupin » entraîne nombre de réponses « comment lutter contre le taupin », « comment éliminer le taupin », « le taupin, insecte nuisible », « les insecticides contre le taupin, marque XXX »…

Sur une graminée, dans la prairie, Lacon gris de souris.
Sur une graminée, dans la prairie, Lacon gris de souris.

Or il n’y a pas qu’une seule espèce de taupin, mais des centaines, et plus de huit mille à travers le monde ; l’insecte adulte est somme toute inoffensif, et c’est la larve qui elle est plus dérangeante en causant de graves dégâts sur certaines cultures. Et ce ne sont pas toutes les larves de toutes les espèces qui dérangent, mais celles d’un genre plus particulièrement.

Pourquoi est-ce que je m’intéresse aux taupins ? Parce que j’en ai croisé deux individus d’espèces différentes un jour à Nouara. Et soyons clairs, je ne vais pas faire un article sur la lutte de ces bestioles.

Ceci étant dit, que sont les « taupins », sans distinction d’espèces ? Il s’agit de coléoptères, de la famille des Elatérides, très homogène puisque la morphologie générale des individus est la suivante : tailles de 5 à 20 mm, forme allongée, étroite, pattes courtes, antennes à 11 articles, pour les plus simples. Les couleurs sont assez ternes en général, noir, gris, marron.

La caractéristique remarquable est leur capacité à se laisser tomber sur le dos en cas de danger, de faire le mort, et d’un coup sec sauter pour se remettre sur leurs pattes. (D’autres espèces exotiques dégagent aussi de la lumière sans émettre de chaleur, mais nous n’en avons pas chez nous !) L’envol n’est pas leur stratégie de fuite.

La larve, celle qui est incriminée, ressemble à un ver, allongée, fine, jaune, appelée « ver fil de fer » par sa rigidité. Son développement est lent, quatre ans ou plus, ce qui fait qu’il y a toujours des taupins à différents stades dans un terrain habité par eux.

Taupin, espèce indéterminée.
Taupin, espèce indéterminée.

Quels sont donc les deux amis taupins croisés à Nouara ? Le premier, très discret, pas très grand, a été débusqué sur une feuille où il se croyait bien caché des curieux. Impossible de déterminer l’espèce, on ne distingue clairement ni la couleur ni la pilosité, et comme ils se ressemblent tous…

Quant au second, il paradait au sommet d’une grande graminée dans la prairie. Assez grand (1,5 à 2 centimètres), il présentait une « robe » de couleurs variables, marron foncé avec de grandes tâches plus ou moins claires. Les antennes étaient rougeâtres, son thorax était pointu aux angles près des élytres, qui étaient séparés par une forte dépression. Renseignement pris, il s’agissait du Lacon gris de souris, ou Adélocère des potagers, de son petit nom Agrypnus murinus. Un individu dont les larves adorent les jardins, comme son nom l’indique. Sa couleur particulière est due à « une pubescence squameuse »*.

Lacon gris de souris.
Lacon gris de souris, de profil.
Lacon gris de souris, de dessus.
Lacon gris de souris, de dessus.

Je ne sais pas quel est le rayon d’action de ces insectes, mais je sûre qu’à Nouara, quelle que soit la maison, il ne va pas faire de dégât, ou cela ne dérangera personne.

 

*Site Internet Insectes, http://aramel.free.fr/INSECTES11-14.shtml.

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