Après les murs, les dalles : 2- de l’art de couler

J’ai enfin vu comment est coulée une dalle (chape) d’un bâtiment !

Nous en étions restés dans le précédent papier au ferraillage. L’opération suivante est le coulage. Pour la dalle de l’auditorium, le seau de la grue fut encore utilisé (500 litres de contenance maxi.), procédé long, mais moins fastidieux que l’antique brouette. Une journée a néanmoins été nécessaire pour la réalisation de la dalle (environ 150 m²) à trois maçons !

La dalle de l'auditorium, le lendemain de son coulage. Pas sèche.
La dalle de l’auditorium, le lendemain de son coulage. Pas sèche.

Pour la dalle de la salle de restauration, la proximité du camion toupie permit l’utilisation de la pompe à béton. Un engin assez impressionnant avec sa lance se déployant automatiquement et téléguidée, qui fut passée ici au-dessus du mur du vieux moulin pour envoyer le béton verticalement. Au préalable, un muret de fondation de poteaux avait été coulé quelques jours plus tôt.

Déploiement de la lance de la pompe à béton à partir de la toupie.
Déploiement de la lance de la pompe à béton à partir de la toupie. On passe au-dessus du mur du vieux bâtiment pour ensuite plonger entre les poutres.

Voici le déroulé de la mise en oeuvre : un premier maçon dirige le jet de béton, une tâche très physique. Le deuxième étale et aplanit le béton selon les cotes relevées par le troisième maçon. Au final, tout le monde patauge dans le béton, ça gicle de partout. D’anciens souvenirs d’enfance reviennent peut-être, ceux de bains de boue ludiques, mais rien à voir franchement avec ce qu’est le coulage d’une dalle.

Début du coulage.
Début du coulage. Un maçon dirige la lance à béton, un deuxième étale, le troisième donne les cotes au deuxième pour que la dalle soit bien plane et à la bonne épaisseur. Un travail physique qui ne laisse pas le temps à la rigolade.
Un peu plus tard à l'autre bout de la pièce. Autour du muret de fondation des poteaux.
Un peu plus tard à l’autre bout de la pièce. Autour du muret de fondation des poteaux.
La lance et le jet de béton, durs à manœuvrer.
La lance et le jet de béton, durs et lourds à manœuvrer.
On arrive à la fin. La lance est manœuvrée par joystick.
On arrive à la fin. La lance téléguidée est pilotée par joystick.

Une fois le béton coulé, il est lissé par vibrations avec une lissarde à béton qui va faire que le ciment va apparaître en surface. Puis les bords sont aussi aplatis au platoir ou à la truelle.

Total : deux heures de travail, pour un espace plus réduit (70 m²), certes, mais quand même. Le renfort d’une toupie a été nécessaire pour tout faire, et pendant que la pompe était à Nouara, les maçons en ont profité pour couler le chaînage du muret reconstruit en haut du mur de la salle de restauration et séparant cet espace de celui des voûtes.

Une deuxième toupie a été nécessaire pour finir la dalle et couler le chaînage du mur au-dessus de la pièce. Le béton était injecté de la deuxième toupie dans la pompe de la première.
Une deuxième toupie a été nécessaire pour finir la dalle et couler le chaînage du mur au-dessus de la pièce. Le béton était injecté de la deuxième toupie dans la pompe de la première.
Injection du béton dans la coffrage du chaînage du muret surplombant la salle de restauration.
Injection du béton dans la coffrage du chaînage du muret surplombant la salle de restauration.

D’aucun maintenant risquent de me dire : du béton, encore du béton, dans un édifice ancien, et le traditionnel alors ! Je répondrais alors :
« Nous sommes dans un Établissement Recevant Public dont la construction ou la réhabilitation doit répondre à des normes. »
– Le béton au chanvre est certes autorisé, mais dans les ERP de catégorie 5 seulement, inférieure à celle de Nouara, de catégorie 3 (pouvant recevoir plus de 300 personnes simultanément).
– La construction en béton de terre ou en terre crue aurait pu être une possibilité, sauf que, comme le moulin de Nouara sera un ERP de catégorie 3 dans une zone de sismicité faible, le long d’une pente, des normes sont applicables, et la terre n’entre pas dans les matériaux acceptés dans la reconstruction ou la construction. Sont pris en compte le béton, le métal, le bois et la maçonnerie.
Heureusement, les parties encore en place n’entrent pas dans ces normes, celles en pierre et en terre !

La dalle une fois coulée avant lissage.
La dalle une fois coulée avant lissage.
La dalle en cours de lissage.
La dalle en cours de lissage.

 

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