Punaise made in USA

Une punaise sur un reste de poutre bien attaquée.
Une punaise sur un reste de poutre bien attaquée.
De profil, de loin.
De profil, de loin.

Un individu suspect fut repéré voilà quelques jours dans le chantier, sur un bout de poutre tout mangé par la pourriture et des insectes. L’individu en question n’était pas responsable de l’état de la poutre, mais ce ne fut certain que lorsqu’il fut identifié. Là tout fut clair, le moulin était le théâtre d’une nouvelle invasion, une guerre froide se déroulait aussi dans le microcosme des insectes. Déjà, des coccinelles asiatiques avaient été repérées les étés précédents. Cette fois-ci nous étions face à une punaise américaine du pin (Leptoglossus occidentalis), arrivée de Californie en Europe en 1999 par l’Italie grâce au transport de bois, puis en France vers 2005 d’abord dans le Sud. Depuis, elle a poursuivi sa remontée pour atteindre les côtes de la Manche, qu’elle a traversées. Elle a aussi emprunté le même support pour arriver directement dans les ports du Nord.

La même, de près.
La même, de près.

Cette grande punaise (entre 1,5 et 2 cm) peut impressionner, mais elle est totalement inoffensive, en dehors de cette odeur d’amande amère qu’elle dégage lorsqu’elle est bousculée, comme ses congénères d’autres espèces. Les seuls dérangements qu’elle peut nous causer sont les regroupements de plusieurs individus à l’automne dans nos maisons pour passer l’hiver. Pas de panique, il suffit de les évacuer dans la nature. Sinon, les plus embêtés dans l’affaire sont les pins, les sapins, les épicéas et autres cèdres, dont elle pique les graines pour s’en nourrir. Il en résulte une baisse de production de graines en cas de forte présence de l’animal sur les arbres.

Portrait de profil.
Portrait de profil. On voit bien les épines sur les fémur et la forme étrange des tibias.

Mais au fait, à quoi la reconnaît-on ? Sa couleur d’abord, brun-rouge, un long corps pas entièrement recouvert par les ailes et les élytres, et dont l’on aperçoit de ce fait les rayures blanches et noires sur les côtés. Ses élytres affichent des dessins, notamment des traits blancs formant un W. Sa tête est petite et allongée, couverte de poils, et s’orne de longues antennes. Elle possède des yeux à facettes ainsi que des ocelles ou yeux rudimentaires sur le dessus de la tête. Enfin, ce qui lui est caractéristique, ses pattes arrière sont épineuses et le tibia écrasé en forme de feuille.

La tête, poilue, en gros plan.
La tête, poilue, en gros plan.

Apparemment cet insecte n’est pour l’instant pas considéré comme invasif (Inventaire National du Patrimoine Naturel).

Patte arrière.
Patte arrière.

5 thoughts on “Punaise made in USA

  1. Bonjour Dame Isabelle,
    Merci pour vos infos très intéressantes,
    Bravo pour votre dynamisme qui donne la pêche pour les restaurateurs de moulins à papier!
    Nous aussi nous avons ce genre d’insectes à la Boissonnie -La Forie,
    et cela , au printemps et en été, mais ils disparaissent en automne!
    Bonne continuation, Françoise Bruno.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *