Le pivot des travaux

Pas de grue pas de travaux, ou alors tout à l’ancienne avec des dizaines de personnes sur le chantier et bien plus d’accidents que maintenant. Et cette grue, ça y est, elle est installée. Ce ne fut pas sans mal. Son arrivée fut repoussée de trois semaines en raison de la neige et du gel, elle a été livrée un jour de neige et de gel qui n’était pas prévu… Terrain difficile avec des engins de cette taille, météo problématique qui complique la tâche de ceux qui acheminent et installent le matériel, et les habituelles surprises de parcours, bref, la journée de jeudi (22/02) fut sportive.

Alors quelle est-elle cette grue, et comment ça se monte ?

D’abord le gabarit : 21 à 27 mètres de haut grâce à son mât télescopique, une flèche de 32 mètres permettant de couvrir les différents angles du vieux moulin, entièrement automatisée, charge possible d’1 tonne en bout de flèche (4 tonnes maximum en amont), hyper compacte une fois repliée, et une emprise de 4 mètres par 4 mètres au sol dépliée. Bref la Up 32-27, c’est le top pour des chantiers où il n’y a pas de place. En plus elle est toute neuve.

La grue est donc arrivée jeudi matin avant 10 heures sous une petite neige tenace, la montée dans la cour fut un peu ardue, mais sans casse ni pour la grue ni pour les murs longeant l’accès. L’attelage n’est pas très impressionnant, presque décevant : « c’est ça la grue ? ben si j’aurais su… » Vous connaissez la suite. Le Maniscopic qui l’a montée l’est presque plus avec son avant patibulaire en tête de phacochère…

La grue vient d'être acheminée dans la cour de Nouara, en marche arrière, avec le Maniscopic. Qui sait manier parfaitement sa remorque en marche arrière, en tournant et en montant ?
La grue vient d’être acheminée dans la cour de Nouara, en marche arrière, avec le Maniscopic. Qui sait manier parfaitement sa remorque en marche arrière, en tournant et en montant ?

La journée ne fait que commencer, il va falloir installer la bête maintenant, à l’horizontal (avec la pente du terrain, on va devoir creuser un peu). Ce qui complique la tâche, c’est le peu de place pour tourner autour, sachant qu’il y a des obstacles qui obligent à effectuer « des manœuvres scientifiques » aux ouvriers.

Première étape, positionner la grue au bon endroit, après l’installation, il sera trop tard ! Traçage des emplacements au sol, sortie des pieds.

Positionnement de la grue, traçage au sol de l'emprise des pieds. Le terrain est plutôt encombré !
Positionnement de la grue, traçage au sol de l’emprise des pieds. Le terrain est plutôt encombré !

Deuxième étape, on creuse les trous pour installer les blocs de béton sur lesquels viendront se poser les pieds. Le bal des petites pelles commence, dans la terre gelée (bon ça va encore, nous ne sommes pas sur du permafrost) ou plus dur dans la roche et d’anciens murets. Une fois les trous creusés, le sable permet de trouver aisément l’horizontal pour poser les blocs.

Premier coup de pelle pour positionner la grue. beaucoup vont suivre.
Premier coup de pelle pour positionner la grue. Beaucoup vont suivre.
Deux forces en parallèle pour aller plus vite...
Deux forces en parallèle pour aller plus vite…
Un peu de sable dans les trous...
Un peu de sable dans les trous…

Dit comme ça, la manœuvre paraît très simple, sur un terrain plat et dégagé, facile. Dans la cour de Nouara, elle a pris quelques heures, en plus dans le froid et la neige. D’autant plus que cette neige et le verglas sur la route ont planté le camion-grue parti faire demi-tour pour se mettre en bonne position dans la cour. Le Maniscope phacochère a dû intervenir et le remonter jusqu’au chemin ; et de là chapeau bas au grutier pour faire grimper un engin de cette taille en marche arrière sur une pente pas large et glissante sans arracher ni les murs, ni les ailes du camion. Conducteur du dimanche s’abstenir. Les blocs ont alors pu être posés, mais pas en cinq minutes, l’un après l’autre…

Calage des blocs béton sous les pieds.
Calage des blocs béton sous les pieds.
Un pied calé.
Un pied calé.

Une fois la grue bien calée sur ses quatre pattes, débarrassée de ses essieux, il s’agit de la lester, à savoir 12 blocs de 1,7 tonne (20,4 tonnes) à empiler les uns sur les autres.  Mieux vaut ne pas avoir le vertige, d’autant qu’à ces blocs s’ajoutent la hauteur du pied de la grue (plus d’un mètre) et la pente de la cour (plusieurs pour cent) !

Mise en place du premier bloc de lest.
Mise en place du premier bloc de lest.
Le onzième bloc arrive...
Le onzième bloc arrive…
Douze blocs de lest sont posés.
Douze blocs de lest sont posés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière étape, déploiement de la grue, tout automatique grâce à une télécommande. Et là, ça va très vite, presque trop après tant d’embûches. Une petite dernière avant la fin ? Allez, un bug et une mise en sécurité feront l’affaire.
Bon, la journée fut rude, mais maintenant les démolitions vont pouvoir prendre de l’altitude.

Déployée, il ne manque plus que la flèche à monter.
Déployée, il ne manque plus que la flèche à monter.

Aux dernières nouvelles, le dépannage de la grue se fera le 1er mars. De toute façon, impossible de travailler pour l’instant dehors vu le gel, la prochaine étape étant de désamianter le toit, une véritable patinoire en ce moment. L’entreprise de désamiantage devrait pouvoir intervenir cette fin de semaine, jusqu’à la prochaine pluie…

5 thoughts on “Le pivot des travaux

  1. ah, comme c’est bien d’avoir toutes ces explications que l’on peut au chaud, alors, que tous ces faits se sont déroulés dans le froid … brr … merci Messieurs les Maçons et Madame Communication FONDATION-OMERIN !!!

  2. si les gens qui ont vécu il y a deux cents ans dans le lieu magique, revenez … ils seraient subjugués … ils se demanderaient ce qu’est cette espèce de grand oiseau dressé au milieu de la cour qui peut tourner grâce au vent quand elle est seule, comme le week-end …

    1. Bonjour Claude, madame Com vous remercie pour votre poésie. Moi j’aimerais bien voir leurs machines, à eux les anciens. Je me tordrais moins les neurones…

  3. Avec ce froid c’est méritoire ! Ici, dans le 92, on a presque 10 degrés de plus que vous et pourtant, les trois chantiers de construction qui m’entourent sont quasiment à l’arrêt.

    1. Bonjour Gérard,honnêtement, ils auraient préféré le soleil ! Quand il fait trop froid, ils travaillent en intérieur, ce qu’ils ont fait jusque là. Mais pour la grue le problème était que sa livraison était programmée et que la neige surtout n’était pas prévue !

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