La coursive nord

Continuons à découvrir ce que sera Nouara dans quelques années au travers des dessins réalisés par les architectes. Nous avons vu la façade dans un précédent post, passons à gauche en longeant le ruisseau pour découvrir la façade nord et les nouveaux aménagements.

C’est en effet ici que le moulin va le plus changer.

En descendant le chemin le long du ruisseau, nous découvrons la nouvelle façade nord qui permet la distribution des pièces et des étages.
En descendant le chemin le long du ruisseau, nous découvrons la nouvelle façade nord qui permet la distribution des pièces et des étages.

Petites précisions pour expliquer pourquoi un ascenseur et une coursive dans son prolongement ont été prévus. Le site de Nouara va devenir « établissement recevant public » ce qui oblige à mettre en place des aménagements pour favoriser les déplacements des personnes ayant des difficultés de cet ordre. Cela implique bien sûr les personnes en situation de handicap, permanent ou temporaire (et oui, une jambe cassée complique la montée des escaliers), les personnes ayant des poucettes pour enfants, mais aussi, il ne faut pas les oublier, le personnel ayant à intervenir dans ce lieu que ce soit pour les futurs traiteurs, mais aussi pour pour celui qui fera l’entretien du bâtiment (notamment les chambres, le linge est très très lourd). Plus facile de circuler alors avec des chariots que de porter linge, seaux, etc.

Nous aurions pu implanter ascenseur et circulation à l’intérieur des bâtiments me direz-vous. Sauf que le vieux moulin n’est pas très large et qu’une fois installés ascenseur, couloirs…, il n’y aurait plus eu beaucoup de place pour les chambres et les salles.

Le principe adopté pour la rénovation a été : on garde au maximum à l’identique ce que l’on peut, c’est-à-dire que les vieux crépis sont remplacés par des crépis neufs, les pierres et le pisé restent apparents s’ils le sont, le bois est remplacé par du bois. En revanche, tout ce qui est créé est bien identifié par des matériaux spécifiques : verre, métal et bois. Il en va ainsi de nouvelles ouvertures ou de l’agrandissement d’anciennes, et bien sûr de la cage d’ascenseur et de la coursive.

Il s’agira d’une structure métallique autoportante (enfin, d’après ce que j’ai compris…!) qui servira en même temps d’évacuation de secours par une rampe s’achevant de plain-pied grâce à la déclivité du terrain. La partie destinée à la distribution du bâtiment sera fermée par des baies vitrées, et l’ensemble sera recouvert de bardage bois horizontaux pour se distinguer des bardages à l’emplacement du séchoir. La cage d’escalier sera elle aussi en partie cachée par des bardages bois, mais la lumière naturelle est privilégiée ici pour l’éclairage de l’ascenseur et de l’escalier de secours. Une passerelle, largement ouverte sur la vallée, fait le lien entre l’ascenseur et la coursive.

Vue en remontant le jardin. un léger détail a changé depuis la réalisation des dessins, le bardage du bâtiment au premier plan recouvre les murs sur les trois côtés (cf. le premier dessin présenté).
Vue en remontant le jardin.

De face, le chemin remonte le long du ruisseau et passe le long de la roue qui sera réinstallée. Elle entraînera le moulin à farine restauré, que l’on espère faire tourner lors d’animations, si nous avons l’autorisation de remettre le bief en eau. Il sera possible de voir cette roue en action du haut à partir de la passerelle accédant à l’escalier. Celui-ci est bien ouvert sur la vallée ; peut-être cela incitera-t-il à le prendre pour ceux qui le peuvent en préférence à l’ascenseur dont la vue sera bien moins belle ?

Au premier plan sur ce dessin, l’atelier destiné aux artistes plasticiens en résidence. Dans la dernière version (cf. vue d’ensemble des façades dans un article précédent), le premier niveau est entièrement recouvert de bardage bois. Au-dessus, le bâtiment de la meunerie s’achève par un toit terrasse dans la continuité d’une salle de réception du vieux moulin. Mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai plus tard…

6 thoughts on “La coursive nord

    1. Ce qui est dommage, c’est qu’en aménageant la partie neuve en haut de la cour ainsi qu’un chemin, on aurait évité cet effet visuel « métallique ».
      Un ascenseur aurait très bien pu être installé à l’intérieur de cette partie neuve en lieu et place de l’escalier de pierre…
      Mais bon sans doute cela aurait été moins spectaculaire.
      L’idée de réinstaller une roue me semble bonne.

      1. Bonjour,
        La partie neuve dont vous parlez va être détruite (et reconstruite à l’identique) car : 1- la charpente s’effondre et n’aurait pas pu soutenir les aménagements à venir sans entraîner des consolidations limitantes et bien plus chères que de détruire et reconstruire ; 2- les poteaux de soutènement sont pourris, ce qui interdit toute réutilisation. Je rappelle aussi que les contraintes (normes, structures… sont difficiles à jauger quand on n’est pas architectes, et même eux ont rencontré beaucoup de problèmes).
        Quant à l’ascenseur au fond, vous qui connaissez le site, vous savez que la pente est très importante. Je rappelle aussi que nous sommes un établissement recevant du public : la pente est de 17%. Donc un ascenseur en bout de site avec un chemin était exclu d’emblée. Il avait été envisagé de mettre un ascenseur au milieu du bâtiment (vers la chaufferie), mais problème encore : comment font les personnes handicapées en fauteuil pour passer de l’entrée à l’ascenseur au milieu de site ? Solution : une dépose handicapé devant la porte, puis une rampe dans la partie accueil, puis un ascenseur dans un bâtiment (la grange, vers l’ancien monte-charge), puis au plus proche accéder à un autre ascenseur via une galerie couverte. Si l’ascenseur est vers la partie neuve, il y a déjà une bonne pente à parcourir, sur un sol qu’il faut alors stabiliser (on n’envisage même pas les pavés ou l’herbe), et poser une galerie dans la cour. L’effet aurait été des plus gracieux, non ? Sans compter que cela aurait été refusé. Nous n’avions pas vraiment beaucoup de choix quant à la place de l’ascenseur. Le mettre à l’intérieur, nous l’avons envisagé aussi, mais il empiétait sur la belle pièce du haut, et on aurait dû couper la poutre !!!
        L’effet spectaculaire enfin : le vieux moulin fait plus de 9 mètres, l’ascenseur doit donc monter au-dessus pour que l’on atteigne le dernier niveau, (on est donc déjà à plus de 9 mètres, on rajoute la cage du moteur…). Vous voyez pourquoi cette hauteur. Sans oublier qu’il doit être accompagné d’un escalier de secours. L’ensemble est recouvert de bois, dans le premier jet du projet c’était en corten, je n’ose pas imaginer ce que vous en auriez pensé !
        La réinstallation de la roue va aussi s’accompagner de la restauration des meules, et nous avons fait une demande pour remettre le bief en eau. Nous espérons que cette dernière sera acceptée, puisque l’objectif est bien de faire tourner cette roue et d’avoir de temps en temps des animations autour des meules.
        Bonne journée à vous.

        1. Je parlais d’un chemin derrière le site non loin du ruisseau. Un chemin carrossable qui aurait pu amener en véhicule les personnes en situation de handicap au bout du bâtiment au pied de la « piscine ».
          Là elles auraient été en plein pied pour la grande salle et la cheminée, et éventuellement dans cette partie qui va être reconstruite un ascenseur-élévateur d’un étage seulement sans dépassement et qui aurait été camouflé par l’ensemble du site.

          1. Bonjour,
            C’est une autre solution. Mais nous avons privilégié le côté nature à la vallée en la rouvrant sur la rivière grâce à un sentier. Vous verrez sur les prochains dessins. Quant aux véhicules, ils sont cantonnés dans la partie basse du site, entourés par le maximum de verdure pour ne pas être trop visibles. Vous verrez enfin dans la suite du projet ce à quoi va servir la partie neuve et la difficulté alors d’y installer un ascenseur.

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