La papeterie de La Planche à Valcivières

Quel est le rapport, me direz-vous, entre La Planche de Valcivières et Nouara ? Je vous répondrai : Joseph Faure, frère de Jean Faure et beau-frère de Marie-Joséphine Gourbeyre.

Nous avons vu précédemment que Joseph Faure a travaillé comme tenancier de 1810 environ à 1824 au moulin de Gourbeyre, à Valcivières (« Gourbeyre et Faure à Gourbeyre »).

Citons une fois de plus Claude Dravaine, qui nous parle de ce Joseph :

“(…) Mais revenons à Joseph Faure. Installé d’abord au village de Gourbeyre, non loin de Valcivières, il est tenancier d’un Pourrat d’Ambert, qui lui fournit le chiffon, la colle, lui donne l’argent nécessaire à l’entretien de son commerce, et il s’acquitte en papier. Il reste là longtemps, même pendant qu’il se fait construire une fabrique à La Planche de Valcivières. Pour cela, il a d’abord tiré des pierres du chezal, de la maison ruinée qui encombrait le terrain, puis il (…) charroie lui-même les pierres, le bois, le sable, aide les maçons, les charpentiers.”

La Planche, aussi appelé Hugon, est situé à moins d’un kilomètre de Gourbeyre. Le chemin longe le Batifol et les différents moulins implantés le long. Le bâtiment existe encore, ou du moins en partie : en partie en ruines pour l’édifice construit par Joseph Faure, en partie en place pour celui construit par son successeur. Entre les deux, le vaste bâtiment qui avait été construit a disparu.

Restes des engrenages de l’usine de moulinage de soie de La Planche qui prit la suite du moulin à papier. Les installations de ce moulin à papier ont disparu.

Joseph Faure vit à Hugon avec sa famille à partir de 1824, comme le laisse entendre un compte des frères Pourrat.

Extrait d'un relevé de compte entre Pierre Pourrat frère et Joseph Faure : "Le vingt-cinq septembre mil huit cent vingt quatre, nous soussignés Pierre Pourrat frère négociant à Ambert et Joseph Faure fabricant de papier à La Planche de La Farge, commune de Valcivières (...)"
Extrait d’un relevé de compte entre Pierre Pourrat frère et Joseph Faure : « Le vingt-cinq septembre mil huit cent vingt quatre, nous soussignés Pierre Pourrat frère négociant à Ambert et Joseph Faure fabricant de papier à La Planche de La Farge, commune de Valcivières (…) »

Les différentes archives à disposition montrent qu’il a poursuivi sa collaboration avec les frères Pourrat, mais en tant que fournisseur cette fois, qu’il a aussi travaillé avec le Grand Tixier ou Adolphe Tixier Chabrier (dont nous avons parlé dans un article précédent).

Voici ce qu’en dit Claude Dravaine :

“(…) Il est commandité par le grand Chassaignes, marchand de papier comme son père (…)
Il fit de très bonnes affaires (…) Il était apprécié de tous ceux qui l’approchaient pour sa bonne grâce, son accueil affable, sa complaisance. Notamment de ce Perdissel, imprimeur à Ambert, qui fonda et dirigea vers 1845 Le Courrier d’Ambert, et auquel Joseph Faure fournissait le papier. (…)”

Au cours des courriers et comptes entre Joseph Faure et ses acheteurs défilent les noms des types de papier fabriqués par le papetier. On note ainsi : le carré bulle, le carré moyen, le grand raisin fin non blanchi, le petit, le petit jésus, le moyen de 18. Une question de format, d’épaisseur et de qualité.

Côté famille, les fiches du recensement permettent de suivre la famille dont les enfants sont déjà bien grands lors des premières listes. En 1836, 7 enfants sur les 10 sont encore au foyer. L’année suivante, Marie-Anne née en 1814 épouse son cousin germain Jean Faure aîné de Nouara. Plusieurs de leurs enfants restent à leurs côtés pour aider tant qu’ils ne sont pas mariés, entre 4 ou 5, tout dépend de la présence ou non lors du recensement. En 1846, le foyer s’agrandit avec la présence de plusieurs papetiers et papetières.

Extrait de la patente de papetier délivré à Joseph Faure pour son moulin de Hugon.
Extrait de la patente de papetier délivré à Joseph Faure pour son moulin de Hugon.

En 1851, la mère est décédée, seuls restent trois des frères, en 1856, Claude est devenu patron à la place de son père avec un de ses frères comme ouvrier papetier. Claude Dravaine nous signale que Joseph Faure, une fois sa femme décédée et ses enfants mariés, est allée vivre chez sa fille et son gendre les dernières années de sa vie. Catherine Vaissier, la femme de Joseph, décède en 1850. Joseph quatre ans plus tard à Noirat le 3 août. Il avait 77 ans.

L’aventure de la papeterie s’arrête très vite après. Le moulin est transformé en moulinerie de soie avant 1861, date à laquelle apparaît sur les tables de recensement le moulinier Paulin Clair et sa famille, travaillant sans doute sous les ordres de Gabriel-François Armand venu ouvrir une moulinerie de soie vers 1858. En 1872, Paulin clair est remplacé par Longin Moulin et sa famille. Celui-ci fut d’abord son sous-traitant à l’usine de Gourbeyre, puis devient son « directeur » à La Planche en 1873 avant la mort de Gabriel-François Armand cette même année. Moulin loue alors La Planche à un nouveau donneur d’ordres, J.-B. David. Mais ceci est une autre histoire que l’on peut suivre dans l’ouvrage de Jean-Louis Boithias, Le Pays d’Ambert aux siècles passés, tome II, pages 81 à 95.

Le bief du moulin de La Planche, avec au bout les ruines et les restes de la roue.
Le bief du moulin de La Planche, avec au bout les ruines et les restes de la roue.

 

 

 

2 thoughts on “La papeterie de La Planche à Valcivières

  1. avec toutes ses informations, il serait intéressant d’organiser des visites, des balades à Valcivières, du côté de la Planche, du Pastural, de Gourbeyre ; mais, aussi, à Nouara et ses environs !!! allez, tout un hiver pour préparer çà !!!

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