Claude Dravaine raconte : les jardins de Nouara

Jeanne Lichnerowicz

 

 

 

 

Une des grandes fiertés de Nouara étaient ses jardins, que Claude Dravaine décrit avec délectation, elle qui passaient de longues heures au sein des massifs pour les entretenir.

De nos jours hélas, il ne reste rien, du moins au niveau du moulin lui-même, car pour ce qui est du château et de la métairie, de beaux restes perdurent.

Il est néanmoins possible de trouver des aménagements anciens, comme le bassin, bien agrandi par la colonie, autrefois réservoir qui fournissait une eau pure (car décantée) alors le bief charriait une eau boueuse suite à un orage. Ce réservoir servait aussi de pêcherie puisque les petites truites pêchées dans le ruisseau y étaient mises à grossir.

La prairie où autrefois les vaches paissaient.
La prairie où autrefois les vaches paissaient.
Abeilles et bourdons chers au coeur de Claude Dravaine pullulent à Nouara.
Abeilles et bourdons chers au coeur de Claude Dravaine pullulent à Nouara.
Procris sur fleur de menthe.
Procris sur fleur de menthe
Le bronzé
Le bronzé

 

 

 

 

 

 

 

 

En dessous était un jardin à l’époque des Gourbeyre, qui n’était déjà plus au début du XXe siècle qu’un champ. Au-delà du bief, devant la meunerie et la ferme, s’étendait une prairie pour accueillir les deux ou trois vaches des Tixier.

Au temps de sa splendeur, le jardin “était « derrière les roues », de l’autre côté de la « mère » du ruisseau, le torrent primitif. Les arbres fruitiers y abondaient, aux coins des carrés de légumes, choux, carottes, « agates » ou haricots vers, pois mangetout, pois gourmands, sans oublier l’oseille, la laitue et tout ce qu’on peut imaginer dans un potager bien fourni. Des fleurs aussi y croissaient à plaisir (…)

Elles encadraient les carrés. L’ensemble réjouissait la vue et reposait l’esprit. Disposition simple, logique et de bon goût qui est celle des jardins paysans. C’est cet ordre intelligent, géométrique et humain, cette nature utile et décorative à la fois, qui fait le charme et le prix des jardins à la française.” (Claude Dravaine, Nouara, chroniques d’un antique village papetier, 1927, pp. 47-48.)

L'exubérance de la cour en été.
L’exubérance de la cour en été.
Un citron sur un pois de senteur.
Un citron sur un pois de senteur.
La fougère bien présente.
La fougère bien présente.
La vigne ancestrale.
La vigne ancestrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cour du moulin avait elle aussi perdu de son lustre papetier au début du XXe siècle. Perte plus réjouissante pour Claude Dravaine, qui raffolait des plantes exubérantes :

“Lorsque, au début de l’été, on entre dans la cour formée par les bâtiments, c’est le domaine de la libre nature. Partout des ronciers vigoureux, des orties et des bardanes foisonnantes, de grandes camomilles, et même quelque genêt égaré.

Sur la haute branche d’un vieux noyer, un écureuil, la queue en ombelle, nargue son poursuivant. Des marches disjointes mènent à la porte des étendoirs de la fabrique au toit rouge. Tout est vieux, usé, de ce qui servit à l’usage de l’homme, mais la libre nature, elle, n’a fait que grandir. Le bouleau blanc s’élance plus que naguère. Les arbres du bord de l’eau nous donnent maintenant une impression démesurée.”

La cour a repris ses allures de “libre nature”. Mais le noyer et le bouleau ont disparu ailleurs, et les ronciers et bardanes ont été remplacés par les pois de senteurs et les herbes à verrues, tout aussi vigoureux ! Tout juste trouve-t-on de vieux rosiers, mais de quand datent-ils ?

Des traces de la colonie.
Des traces de la colonie.
Toujours de la colonie ?
Toujours de la colonie ?
La "libre nature" de la prairie...
La « libre nature » de la prairie…
Luxuriance des crucifères et des compagnons.
Bordure de ruisseau et la Reine des prés bienfaitrice.
Bordure de ruisseau et la Reine des prés bienfaitrice.
Renouée de la Bistorte
Renouée de la Bistorte
Autre renouée (renouée persicaire ? renouée à feuille d'oseille ?), les pieds dans l'eau.
Autre renouée (renouée persicaire ? renouée à feuille d’oseille ?), les pieds dans l’eau.

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