Tout a bien changé ! Tant que ça ? 2

Et voici venu le deuxième volet de cette mini-série d’articles “avant / après”. Concentrons-nous maintenant sur les photographies anciennes du moulin.

Attendez-vous à un choc, le moulin n’est pas en bon état de nos jours, mais ça n’est rien comparé aux années cinquante.

Je vais principalement présenter des photos du vieux moulin ou la fabrique du milieu, puisque ce fut le premier acheté et le bâtiment dans le plus mauvais état. Vieux moulin est un nom qui lui convient plutôt bien. Voyez plutôt, avec les images avant achat par la colonie, quelques images après restauration par la colonie, puis de nos jours après l’abandon.

 

 

 

 

 

 

Le moulin à gauche est désaffecté depuis plusieurs décennies après le départ du « Père Chabrol » dans les années vingt, fabricant d’objets d’art par galvanoplastie(1). Il appartient depuis 1903 à la famille Tixier-Bonnefoy, puis Adolphe Tixier, vendu par les descendants du Grand Joseph, frère de Marie-Joséphine Gourbeyre. Cette dernière et ses descendants louaient la partie exploitation de leur moulin (ils avaient récupéré la partie habitation depuis 1861).

L’état du moulin laisse à désirer : les fenêtres sont cassées, les murs sont envahis par la vigne, les bardages du séchoir sont fortement abîmés. Mais du nettoyage a déjà été entrepris au vu des empilements de bois.

En mars 2017 à droite, même si le moulin est dans un piètre état, les travaux effectués par la colonie l’Arche après l’achat, puis l’entretien des abords depuis 2015 par la Fondation Omerin, ont sauvé le bâtiment de la ruine définitive. L’ordonnancement des fenêtres est resté le même entre les deux époques. La grosse différence est le rallongement du vieux moulin à droite en 1964-1965, en montant vers la colline, sur d’anciennes ruines.

 

Nouara en septembre 1951

Nouara en 2016

 

 

 

 

 

 

Vue prise dans l’autre sens, un an avant l’achat au moment des premiers contacts, l’état de délabrement du moulin est encore plus flagrant : les ronces ont envahi le bas des murs, du bois traîne partout.

Cette vue montre que des fenêtres étaient bouchées à l’époque, ré-ouvertes depuis.

 

 

Nouara en avril 1052

 

 

 

 

 

 

Vue plus large de la cour en 1952, sur la maison d’Adolphe Tixier au fond. Les travaux de nettoyage ont commencé. La photo laisse entrevoir des ruines au bout du vieux moulin à l’emplacement de l’extension de 1964-1965.

Au fond, la maison appelée meunerie n’a pas changé a priori. En revanche un appentis s’appuie sur la grange. On n’en voit plus de nos jours que les traces d’insertion des poutres.

 

NOUARA en 1952

Nouara juin 1952

 

 

 

 

 

 

En juin 1952, l’arrière du vieux moulin réserve de belles surprises. Une roue et son amenée d’eau sont encore en place, en piteux état, mais en place. Il s’agit de la roue de l’usine à lacets (1899, 1901 et plus tard ?), réutilisée par la fabrique d’objets en galvanoplastie du Père Chabrol. L’amenée d’eau est en ruines. L’une comme l’autre sont installées tout en haut du bâtiment de l’époque, s’arrêtant à hauteur de la porte possédant un linteau marqué des initiales de Claude Gourbeyre et de la date de 1707. En dehors de ce gros détail, l’organisation de la façade n’a pas changé.

En janvier 2016

 

Voici l’arrière du bâtiment en 2016. Il faut imaginer la roue à la place de l’appentis, sur la fosse des deux petites roues du moulin à papier.

Toute la partie à gauche après la fenêtre à gauche de l’appentis était en ruines, le canal d’amenée d’eau passait devant.

 

Nouara

 

Roue et chenal ont été détruits dans les années cinquante. Une échelle à l’arrière permettait d’accéder à l’étage. (Vue ci-contre.)

 

 

 

 

En 1964, des travaux de déblaiements des ruines sont entrepris pour permettre l’extension du bâtiment. Des ruines et des arbres conquérants comme nous le montre la photographie prise de l’étage en 1964.

Une porte a été ouverte à l’étage. Les bénévoles s’activent pour dégager le terrain et faire la place aux maçons. Remarquer les creux de piles. Au fond, le mur qui sépare le moulin de Nouara de l’usine du haut. Le chemin des papetiers longera plus tard ce mur.

 

 

Nouara en 1967

 

 

 

 

En 1967, la cour intérieure. L’extension est achevée pour sa partie haute, en revanche les sanitaires en-dessous ne sont pas réalisés. Le perron n’est pas restauré.

La colonie n’est pas encore propriétaire de la ferme et de la meunerie, toujours entre les mains d’Adolphe Tixier. L’appentis est toujours en place, et sa présence ou absence est un bon repère dans le cas d’identification défaillante des photos.

À noter que les salles voûtées (à gauche de la voiture), ne possèdent encore qu’une seule porte, la seconde sera ouverte en 1974.

Nouara 1967

De plus près, les gravats non déblayés encore des travaux et des ruines. Le mur n’est pas achevé, le perron est consolidé par rapport aux années cinquante. A la place de trou va être construite une porte cintrée.

 

 

 

 

Dernière image de cette période, qui ne concerne plus le vieux moulin mais le moulin des Vernières. Le terrain est envahi par les arbres, le ruisseau n’est pas bordé apparemment par un chemin. La conduite forcée n’est pas encore installée. Le moulin des Vernières va être acheté en même temps que la ferme, la meunerie et le terrain situé entre les trois, en 1969.

Nouara, moulin Vernières

 

Sous un angle un peu différent, le même moulin des Vernières en juin 2017. La place a été entièrement dégagée dans les années quatre-vingt comme le montre la photo du bas à droite. Rien n’a vraiment changé sur ce moulin, si ce n’est le pignon sud où la baie visible en bas à droite dans les années soixante a été élargie dans les années quatre-vingt-dix.

 

Les Vernières

 

 

 

 

 

 

 

En 2016

 

 

 

 

 

 

 

Je pourrais poursuivre les comparaisons d’images pendant longtemps, mais ce qui nous intéresse maintenant, ce sont celles qui vont arriver dans les mois et les années prochains.

Mais je ne résiste pas à vous montrer, pour finir, l’évolution des techniques dans les travaux, entre 1952 et 2016.

 

NOUARA 1952-04-06

En 2016

En avril 1952, nettoyage avec trois boeufs.

 

 

 

En 2016, grues et camions remplacent la traction animale.

 

 

 

(1) : “La galvanoplastie est une technique électrolytique d’orfèvrerie servant à la reproduction d’objets1 en utilisant un moule relié au pôle négatif d’une pile et qui se recouvre alors d’une couche de métal” (extrait de www.wikipedia.org, article “Galvanoplastie”).

5 thoughts on “Tout a bien changé ! Tant que ça ? 2

    1. Bonjour Claude, c’est même parfois très étonnant le changement effectué. Pour Nouara, il va falloir attendre quelques années pour apprécier l’évolution…

  1. Avec trois boeufs Nouara n’était pas si mal équipé lorsqu’à Paris fleurissaient les voitures à bras ! Cet attelage me rappelle qu’en 1966 ou 1967 j’ai croisé à peu près le même dans un virage serré entre la sortie d’Ambert et la Dame.

  2. Ce n’est probablement qu’un effet de perspective ou d’ombres mais, sur la photo où l’on voit l’appentis, on dirait que la toiture du vieux moulin est beaucoup plus pentue qu’aujourd’hui.

    1. Bonjour Gérard, peut-être aussi d’angle de prise de vue. Ceci étant, la charpente a été entièrement refaite dans les années cinquante/soixante, la pente a pu être modifiée.

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