La Vierge de Nouara

Il n’y a pas si longtemps, les anciens murs du domaine pouvait s’enorgueillir d’une statue de la Vierge abritée dans une niche, longée de nos jours par la route allant à Morel-de-Bas, La Rodarie… La niche existe toujours, la statue a disparu.

Des photos (une d’origine inconnue retrouvée dans les papiers de l’ancienne colonie) et le texte de Claude Dravaine, encore, nous permettent de la découvrir.

Statue Vierge

Voici comment Claude Dravaine la décrit :

« (…) Sur le portail 〈le domaine s’ouvrait autrefois par un portail, de nos jours disparu〉, et dans une niche, s’abritait la Vierge de Nouara, sculptée dans un bloc de chêne. Haute d’un mètre, d’allure guerrière et de port altier, elle n’a rien d’une Madone, elle paraît plutôt une Victoire. Elle tient avec désinvolture un Jésus conventionnel. La coiffure en bandeaux ondulés par-dessus les oreilles est toute moderne. Une sorte de mouchoir enserre les cheveux et retombe en arrière. Le visage est inexpressif et beau comme un masque grec ; le front, assez grand, se continue par un nez droit. Les lèvres sont d’un joli dessin ourlé. Au siècle dernier 〈XIXe siècle〉, faute d’un artiste, il fallut la passer au brou de noix couleur de vieux chêne, parce qu’un mien oncle, jeune et ingénu, avait barbarement rehaussé les draperies d’un bleu passé avec l’“azur” que les papetiers utilisaient alors pour affiner la pâte de chiffon spécialement destiné au papier de soie dit Joseph.
Elle serait parfaite, n’étaient les pieds, lourds et disgracieux. Telle quelle, mieux vaut la voir d’un peu loin, élancée sur son socle qu’orne un ange joufflu. Cette forte empreinte antique paraît à dater du dix-septième siècle. On ne sait rien de son origine, ni dans quelles circonstances elle vit le jour. Des fresques ornaient les parois de sa niche. On n’a même pas gardé souvenir de ce qu’elles représentaient. À en juger par le Saint Jean peint à fresque au-dessus de la porte de la maison des prêtres au Petit-Vimal, elles pouvaient n’être pas sans mérite. (…) »

Il ne reste maintenant que la niche, la grille Ave Maria, et une pierre marquée P♥G 1739.

Niche dans laquelle la Vierge de Noirat était présentée.
Niche dans laquelle la Vierge de Noirat était présentée.
Pierre Gourbeyre 1739
Pierre Gourbeyre 1739

6 thoughts on “La Vierge de Nouara

  1. bonjour, très belle évocation
    et, le moulin de Nouara avait même sa chapelle privée et des ancêtres de V.G.E. (entre autres descendants) s’y sont mariés ; on peut retrouver très facilement dans les registres de catholicité d’Ambert (voir les archives départementales du Puy-de-Dôme via internet et « Etat civil »)
    avoir une chapelle privée était un privilège ; à la Grand’Rive (Marsac en Livradois) la famille DUPUY de la GRAND’RIVE avait elle aussi sa chapelle … Louis APCHIER doit aussi en parler dans son livre sur sa famille

  2. pour le 1er lien, il convient d’aller sur la page 6 (sur la page de droite dans le 1er tiers)
    pour le 2ème lien, il convient d’aller sur la page 87 (en haut sur la page de droite)
    +
    http://www.archivesdepartementales.puydedome.fr/ark:/72847/vtaa0fe729195c065de/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_6b39650bc2157a794deb3c1c9b60ec0e
    il convient d’aller sur la page 51 (partie basse de la page de gauche et partie haute de la page de droite) (mariage des ancêtres de V.G.E.)

  3. lors du recensement du petit patrimoine, en 2000 sur la commune d’Ambert, la Vierge était dans sa niche… elle aurait été « rangée »… enquête à suivre

    1. Merci pour l’info, Christel. J’ai trouvé une Vierge au moulin, mais elle est en plâtre, ça n’est pas celle-là. A suivre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *