Hellébore et Daphné

Fruit de l'Hellébore fétide.
Fruit de l’Hellébore fétide.

Au tout début du printemps, quand l’Hellébore fait ses fruits, le Daphné et les Pervenches sont en fleurs sur les bords du ruisseau, les sous-bois, les pentes de la prairie au nord du moulin. Et il en est ainsi depuis longtemps :

“Les arbres plongent dans l’ombre les énormes rochers moussus et enlierrés envahis par les élégantes et malodorantes hellébores dentelées, aux étranges fleurs vert clair, les daphnés et les pervenches aux feuilles vernies. (…) » (Claude Dravaine, Nouara, chroniques d’un antique village papetier, 1927, p. 68.)

Nous avons évoqué dans un précédent article l’Hellébore, cette rose des neiges, la première fleur de l’année.

Voici maintenant le Daphné, ou Laurier des bois, petit arbrisseau des sous-bois qui fleurit en avril-mai, voire avant.

Daphné des bois, dans le bois au-dessus du moulin.
Daphné des bois, dans le bois au-dessus du moulin.
Fleurs de Daphné.
Fleurs de Daphné.
Fleur de Daphné lauréole ou Laurier des bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la mythologie grecque, Daphné est une très belle jeune fille, chasseresse consacrée à Artémis, déesse de la chasse, et préférant passer son temps à parcourir bois et montagnes plutôt qu’à se marier et fonder une famille.

Ses origines sont floues selon les auteurs, nymphe, fille d’un roi-fleuve et de Gaia, fille d’un roi de Laconie, ancienne prêtresse de Delphes… Au choix.

Ce qui est certain, c’est qu’Apollon en tomba un jour follement amoureux, par les grâces d’Eros et sa flèche d’or, et qu’elle l’ignora, toujours grâce à l’aide d’Eros qui lui décocha une flèche de plomb, ou d’indifférence. (Il faut dire que le grand et fort Apollon s’étant moqué du petit Eros et de son petit arc, ce dernier s’est fait une joie de lui faire goûter à son humour à lui.)

Les avances plus qu’empressées d’Apollon à l’égard de Daphné ne lui laissèrent guère de doute quant à l’issue de leur entrevue ! Plutôt que de perdre sa virginité et de manière pas du tout agréable, quand bien même il s’agissait d’Apollon, Daphné préféra appeler son père (ou sa mère Gaia ou carrément Zeus) qui la transforma en arbrisseau, le Daphné des bois.

Apollon, inconsolable, fit son emblème des rameaux aux jolies feuilles vertes. Quant à la pauvre Daphné, elle ne court plus les bois qu’en se multipliant grâce à ses petites fleurs blanc verdâtre, et repousse toujours les plus empressés par la toxicité importante de ses fruits et de l’écorce de sa tige et des racines.

Fleurs de Daphné lauréole ou Laurier des bois. Les fleurs sont accrochées sous les feuilles sommitales.
Fleurs de Daphné lauréole ou Laurier des bois. Les fleurs sont accrochées sous les feuilles sommitales.
Daphné des bois sur un des murets de Nouara, à côté de l'Hellébore du début de cet article.
Daphné des bois sur un des murets de Nouara, à côté de l’Hellébore du début de cet article.

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