Des insectes au corps, lourd, mais lourd…

Méléo printanier, de face.
Méléo printanier, de face.

Drôle de coléoptère que celui croisé au début mars sur une passerelle du moulin de Nouara. Rien que par sa taille, environ trois centimètres, et sa belle couleur noir bleuté, il ne passait pas inaperçu. Et puis son corps était déconcertant :  un gros abdomen annelé ressemblant à celui d’un gros ver, des élytres trop courts, et a priori pas d’aile, larve ou imago (dernier stade du développement d’un insecte) ? Quant aux antennes, j’ai cru qu’elles étaient cassées au vu de leur courbure.

Méloé printanier, autre profil.
Méloé printanier, autre profil.

Renseignement pris, il s’agissait d’un méloine, de la famille des méloides, Meloe proscarabaeus ou Méloé printanier de son petit nom. Un insecte au dernier stade de développement, mâle en raison de ses antennes coudées vers les 6e et 7e articles (ou bouboules pour moi).

Méloé printanier, cassure particulière des antennes des mâles.
Méloé printanier, cassure particulière des antennes des mâles.
Les antennes, de l'autre profil
Les antennes, de l’autre profil

Les mâles de cette espèce sont plus petits que les femelles, dont l’abdomen chargé d’œufs traîne par terre. Après l’accouplement, la femelle pond entre 2 000 et 4 000 œufs dans un trou, en avril mai, et rebouche ce trou. Des larves appelées « triongulins » (car possédant trois ongles aux pattes, dont le médian plus large) éclosent et sortent de ce trou. Elles grimpent le long des plantes et s’installent sur des fleurs dans l’espoir de pouvoir s’accrocher à des abeilles sauvages qui les emmèneront par la voie des airs dans leur nid. De là, les larves parasites mangent l’œuf des abeilles, puis se transforment en gros vers blancs, qui vont alors profiter du nectar et du pollen que les abeilles récoltent. Ces gros vers se transforment de nouveau et quittent le nid des abeilles (creusé dans le sol) qu’ils ont parasitées. Encore deux mues avant de devenir des nymphes, état où ces insectes ne bougent pas, ne mangent pas, mais se transforment encore pour devenir des imagos.

Méloé printanier, détail de la tête et d'une antenne.
Méloé printanier, détail de la tête et d’une antenne.

L’imago du Méloé printanier vit sur des sols dégagés et herbeux et se nourrit de plantes. Pas très véloce, il compense sa corpulence et sa fragilité face à l’adversité par la production d’un liquide visqueux toxique, qui suinte de ses pattes.

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