Chroniques légendaires – 2

Lutin ou diablotin ?
Lutin ou diablotin ?

Revenons aux légendes et histoires connues sur Nouara, qui ont été transmises par Claude Dravaine et Henri Pourrat.

Lutins, Galipotes, âmes de défunts, Diable aussi s’en donnent à cœur joie pour effrayer les habitants des villages ou bien s’amuser à leurs dépens. Ils sont bien trop nombreux pour les aborder ici, mieux vaut s’en référer aux auteurs directement et à leurs ouvrages. Notamment Le Trésor des Contes d’Henri Pourrat.

Galipote assurément, déguisé en épouvantail.
Galipote assurément, déguisé en épouvantail.
Cette bonne vieille sorcière.
Cette bonne vieille sorcière.

 

 

 

Contentons-nous d’une histoire concernant directement Nouara, vraie qui plus est cette fois-ci. L’histoire remonte aux années 1880 environ. Jacques Omerin, le Grand Jacques, et son fils Claude explorent les greniers de l’ancienne papeterie emplis de coffres sachant attiser la curiosité et l’imagination. Au milieu de papiers notariés et de correspondances, ils finissent par tomber sur un document écrit en latin qui les intrigue plus encore. Ils le font traduire et en découvre alors la teneur. Son auteur est le dernier Gourbeyre avant la Révolution, Joseph, qualifié de « bourgeois de Noirat » dans des actes notariés, dernier possesseur de l’ensemble des fabriques puisqu’il partagea le domaine entre ses cinq enfants à sa mort.

Sentant sa situation se gâter avec la Révolution, il demanda à son intendant, natif de Saint-Anthème, d’enfouir un coffre plein d’or et d’argenterie que sa famille n’aurait pas manqué de retrouver à son retour d’exil, et laissa un message (celui retrouvé par Jacques et Claude) à l’attention de ses descendants. Le Grand Jacques et son fils s’empressèrent de fouiller les lieux (qui à l’époque étaient semblables à ceux dans lesquels avaient vécu Joseph Gourbeyre et sa famille). « À 100 pas du colombier » précisait le texte. Les fouilles ne donnèrent rien. Pas plus que celles de Pierre Gourbeyre, descendant de Joseph et habitant au château de Nouara (qu’il avait fait construire).

Pas de trésor par-ci...
Pas de trésor par-ci…
Pas de trésor par-là...
Pas de trésor par-là…
Et encore moins ici !
Et encore moins ici !

Claude Dravaine donne l’explication de ces vaines recherches dans son ouvrage :

« L’intendant de ce seigneur, natif de Saint-Anthème, à qui fut confié le soin de le cacher, se trouva, peu de temps après, riche à millions. Mais l’on connaît le proverbe : “Ce qui vient du fifre s’en va par le tambour.” Les descendants de cet habile homme ont dilapidé une épargne si audacieusement conquise. » Et elle conclut : « Ce trésor est devenu légendaire à l’égal de la Chèvre d’Or. Il s’apparente aux richesses que l’on dit gésir sous certains dolmens (…), richesses qui, pendant la messe de minuit, apparaissent à l’audacieux entre la première et la troisième élévation, mais dont la possession exige, paraît-il, que l’on vende son âme au diable. »*

Encore lui. Promis, nous ne lui cèderons pas…

 

*Claude Dravaine, Nouara, Chroniques d’un antique village papetier, Éditions Bossard, Paris, 1927, pp. 76-77.
NB : Pas la peine d’aller voir les coffres sur place pour vérifier mes dires, ils ne sont plus à Nouara, tous les bâtiments sont vides…

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