Mais qui a inventé le papier ?

Le papier-chiffon tel qu’il a été fabriqué pendant des années est une technique mise au point par les Chinois au cours des siècles. Il ne s’agit pas de papyrus, que les Égyptiens ont inventé plusieurs millénaires auparavant, ni du parchemin, matériau déjà adopté depuis longtemps aussi. Mais il s’agit d’utiliser des végétaux comme le chanvre, des écorces ou du bambou, de dissocier leurs fibres en les battant, de les ré-associer en une pâte grâce l’eau et de les transformer en une couche peu épaisse (une feuille), grâce à un « tamis » et au séchage au soleil.

La technique du papier-chiffon s’est propagée au travers de tout l’Extrême-Orient et l’Asie centrale à partir du Ier siècle après JC. Puis elle rencontre le monde islamique du Moyen-Orient sans doute dans l’actuel Kirghizistan, en Asie centrale, lors de la conquête de l’Asie par les Arabes (une bataille est restée, celle de Samarcande, en 751). Ils diffusent plus à l’ouest à leur tour la technique du papier-chiffon au cours des siècles qui suivent, en commençant par les pays d’Afrique du nord.

Papiers fabriqués à partir de chiffons, de qualités et de couleurs différentes.
Papiers fabriqués à partir de chiffons, de qualités et de couleurs différentes.

Au XIIe siècle, les Maures débutent la fabrication du papier-chiffon en Espagne et en Sicile. La matière première en est le chanvre. Mais ce sont les Génois qui inventent la technologie européenne de fabrication du papier, vers le XIIe siècle aussi, par le pilonnage hydraulique de tissus récupérés, tissus fabriqués à partir de fibres végétales bien sûr pour utiliser leur cellulose, séchage des feuilles au vent et encollage de celles-ci par de la gélatine d’origine animale pour les rendre imperméable. L’ajout d’alun à la pâte blanchit les feuilles et rend le matériau quasiment imputrescible.

Mais le papier en question n’est pas une invention humaine. Une légende (qui sait), raconte même que les humains auraient commencé à fabriquer du papier en observant… des guêpes en train de construire leur nid ! Certaines, en effet, des guêpes sociables aussi appelées depuis guêpes papetières, raclent de leurs mandibules puissantes les fibres de bois qu’elles mélangent à leur salive. Une boulette est ainsi créée, qu’elles vont ensuite déposer en bande fine pour la réalisation de leur nid, ou guêpier. Une fois sec, le matériau déposé ressemble au papier ou au carton que l’on connaît. Le matériau a l’avantage d’être imperméable et protège le nid du vent et du froid, gardant très efficacement la chaleur. Il est néanmoins fragile car très fin et les nids en plein air sont facilement abimés une fois la colonie disparue.

Ce nid, de 6 cm de diamètre sur 6 cm de haut est en parfait état de conservation. Les alvéoles sont à l’intérieur, mais le trou d’accès du nid, en-dessous, trop étroit ne permet pas de les apercevoir.
Le même nid vu du dessus, une fois détaché de son support. Noter les nombreuses enveloppes.
Autre nid, en moins bon état, mais dont les alvéoles sont bien apparentes. Ce guêpier est de taille supérieure au précédent.
Autre nid, en moins bon état, mais dont les alvéoles sont bien apparentes. Ce guêpier est de taille supérieure au précédent.

La reine commence par construire quelques alvéoles dans lesquelles elle pond ses premiers œufs, qui une fois arrivés au stade adulte deviendront les premières ouvrières. Celles-ci prennent la suite de la reine pour le développement du nid et l’entretien des œufs et des larves. Le nid grossit par agrandissement des plaques d’alvéoles qui sont ensuite entourées d’une enveloppe de papier, boulette de fibre mâchée après boulette. Les différentes bandes sont visibles, et selon le bois qui a été utilisé, les bandes seront de couleurs diverses.

Les premières alvéoles construites par la reine à la création de la colonie.
Après les quelques alvéoles construites par la reine, les premières ouvrières fabriquent une enveloppe pour protéger la colonie. Elle sera sans cesse agrandie jusqu’à l’automne.

Ces nids peuvent être enterrés, mais aussi aériens, dans les arbres ou autour de nos maisons dorénavant. Ils ne sont utilisés qu’une seule saison, les guêpes mourant à la fin de l’automne, sauf une reine qui s’enterre pour passer l’hiver, et ressort au printemps pour fonder une nouvelle colonie. Les nids sont alors abandonnés à la fin de l’automne et il est possible de les observer sans crainte.

Cet autre nid, encore en place, a subi des destructions importantes.

Les nids trouvés à Nouara sont de tailles diverses, ceux récoltés étaient coincés entre le bardage et les cloisons. Une fois celles-ci démolies, ils ont été mis au jour. Certains en partie détruits laissent bien apparaître les différentes enveloppes, fragiles, aériennes, dont les différentes bandes de couleurs font presque mimétisme avec les cernes du plancher en bois.

Finesse et légèreté du papier des guêpes, comme du papier de soie.
Le papier de guêpe se confond presque avec le plancher en bois, couleurs et bandes.

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