Porteur d’eau

La prise d'eau du bief aux Caves.
La prise d’eau du bief aux Caves.

Le sujet a été abordé à plusieurs reprises, le bief est un élément capital dans le fonctionnement du moulin, puisqu’il apporte l’eau. Nous nous y intéressons de près actuellement car nous réfléchissons à remettre une roue actionnée par un filet d’eau. Mais la solution de reprendre le bief mentionné sur le cadastre napoléonien paraît assez complexe. Cette partie portée sur le cadastre n’est pas le bief originel comme l’indiquent des traces sur le terrain (pierres taillées, traces de vannes…) que l’on suit le long du chemin menant au pont traversant le ruisseau au-dessus de la cascade : le premier bief prenait son eau à ce niveau, celui où une prise d’eau existe encore actuellement. Le bief que nous allons suivre est postérieur et alimentait le Moulin d’En-haut construit au XVIIe ou XVIIIe siècle, puis il se raccordait au bief ancien.

Je ne vais pas faire un cours sur le débit, même si ces données sont connues pour 1866, 1892, 1899 et 1900 grâce à des documents d’archive très intéressants que sont les États statistiques des irrigations et des usines sur les cours d’eau non navigables ni flottables, Tableau A : données permanentes des cours d’eau et Tableau B : utilisation agricole et industrielle des cours d’eau, à consulter aux archives départementales du Puy-de-Dôme, cotes S 5801 (1866), S 5325 (1892), S 5683 et S 5328 (1899) et S 5802 et S 5303 (1900). (Pour ceux que cela intéresse, ils sont visibles en ligne sur le site des archives : http://www.archivesdepartementales.puydedome.fr.)

Nous y découvrons pour ces années non seulement le débit du cours d’eau mais aussi le débit utilisé pour faire tourner une fabrique de lacets et une papeterie.

Pour en revenir au bief du cadastre napoléonien, nous allons faire un peu de tourisme et partir à travers les bois de la colline pour le retrouver.

Si l’on se réfère au cadastre napoléonien, le bief de Nouara débute là où finit celui des Caves. C’est-à-dire actuellement au moulin des Caves au pied de la passerelle du « Chemin des papetiers ». Une légère tranchée est visible dans le sol, bien cachée par la végétation. L’emprunter consiste un suivre un sentier mal entretenu. Gare aux branches, aux ronces et aux arbres en travers !

On aperçoit au milieu de la végétation une dépression marquant le bief.
On aperçoit au milieu de la végétation une dépression marquant le bief.

Le bief suit la courbe de la colline, en balcon. À deux reprises, on passe devant une partie maçonnée, blocs de granit bien taillés et bien moussus ! De quand peuvent dater ces aménagements ? Difficile à dire. Une photographie aérienne de l’IGN datant de 1953 permet de suivre le cheminement du bief, encore utilisé à l’époque.

Bordure du bief en granit.
Bordure du bief en granit.

Après quelques dizaines de mètres, le sentier aboutit sur un collecteur, ou quelque chose qui lui ressemble. Il semblerait qu’à cet endroit était autrefois construit une des unités de production du domaine, la plus élevée et la plus en amont, avant le moulin d’En-haut devenu usine. Après ce collecteur, trois traces sont visibles sur la photographie aérienne. La première, toute droite, descend sur ce qui était autrefois la fosse de la roue de l’ancien moulin. Ce bief a été utilisé bien après car sa trace est nette encore en 1953. Une trace sinueuse part à gauche et débouche plus près du ruisseau dans lequel elle se jette peu après. Son utilité est difficile à comprendre. Sa trace est encore visible dans le talus sur le chemin menant au ruisseau. La dernière trace part elle vers la droite et se perd rapidement.

Le "collecteur" d'eau.
Le « collecteur » d’eau.

Sur le terrain, tout est très effacé. La trace du milieu a disparu, celle de gauche se perd à l’aplomb du talus, la troisième se transforme en sentier.

Le bief se retrouve plus bas, le long du chemin en haut du Domaine sous l’usine, et le long du moulin. Il a été régulièrement entretenu et pourrait presque être remis en eau après un bon coup de pelle. Chose à ne pas faire bien sûr, car des réglementations sont à respecter, et par ailleurs il vaudrait mieux vérifier son étanchéité. Car comme le dit la formule populaire, ça à l’air beau de loin, mais c’est loin d’être tout beau.

Le bief à hauteur du vieux moulin.
Le bief à hauteur du vieux moulin.

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