Les fourmis au sommet de l’élevage

Fourmi brune du jardin et son élevage de pucerons, sur une tige de gaillet gorgée de sève.

Le jardin de Nouara à la « belle saison » est décidément magique. Il ressemble un peu à la jungle avec ses herbes poussant follement (merci la pluie), mais il est un terrain de jeu fabuleux pour qui aime observer le monde des tout petits.

Une tige de gaillet a attiré mon attention un jour de baguenaude, car elle était couverte de quelques fourmis, dont une ailée, et de pucerons. Là commence l’aventure.

Fourmis brunes du jardin et leur élevage de pucerons. Au centre une fourmi ailée, sans doute mâle car sa taille est identique à celle des ouvrières (la fourmi reine est bien plus grosse).

Saviez-vous que les fourmis, que l’on dit besogneuses, montrent en réalité pour certaines un penchant indiscutable pour la fainéantise ? Une étude de l’université d’Arizona vient de montrer que, où tout comme dans notre société quand les uns s’affairent, d’autres font semblant, chez les fourmis aussi certaines semblent être attachées à ne rien faire !

Une fourmi tâte les flancs des pucerons pour recevoir le miellat.
Une fourmi tâte les flancs des pucerons pour recevoir le miellat.

Autre clin d’œil, les fourmis ont l’âme agricultrice, enfin certaines comme les fourmis brunes de nos jardins. Elles ont érigé l’élevage des pucerons comme l’une de leurs activités principales. Il s’agit en fait d’un véritable mutualisme, c’est-à-dire d’une interaction bénéfique pour les deux espèces. Enfin de prime abord. Les fourmis sont friandes de miellat, cette sécrétion sucrée des pucerons, miellat qui constitue aussi une source nutritive importante pour elles. Elles élèvent donc des pucerons, pratiquent la sélection puisqu’elles ne retiennent que certaines espèces, les bichonnent pour qu’ils soient plus gras et produisent plus, les déplacent afin qu’ils bénéficient des plantes les plus chargées en sève et, en contrepartie, les fourmis protègent les pucerons de leurs prédateurs en les accueillant au sein de leur « ferme-fourmilière », en surveillant leur progéniture…

Les pucerons piquent la tige de la plante pour y prélever la sève. On en voit ici de plusieurs tailles, la canal salivaire planté dans la tige.
Les pucerons piquent la tige de la plante pour y prélever la sève. On en voit ici de plusieurs tailles, la canal salivaire planté dans la tige.

Enfin, presque tout le temps, parce qu’en présence de coccinelle, qui elle est friande des pucerons tout entiers, elles ne se battent pas beaucoup. Pire, il semblerait que les fourmis elles-mêmes ne dédaignent pas en grignoter au passage, peut-être les perturbateurs, les fortes-têtes ou bien les plus gras ? Un marché de dupes alors ? Plus complexe que ça semble-t-il. En fait, tous se trompent les uns les autres. Les colonies de pucerons prospèrent lorsqu’elles sont prises en charge par les fourmis et elles les sollicitent par des phéromones d’alertes pour plus d’attention, les fourmis profitent du miellat qui les nourrit et procèdent à des prélèvements dans leur cheptel de temps à autre, et les autres prédateurs trompent les fourmis en faisant amis-amis par des camouflages chimiques, en se couvrant de pucerons morts… À leurs risques et périls s’ils sont découverts, mais au final si cela marche, la chasse sera bonne pour peu d’efforts.

Une fourmi vient vérifier l’état du cheptel.

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/20150713.OBS2555/certaines-fourmis-sont-de-vraies-cigales.html

https://www6.inra.fr/encyclopedie-pucerons/Pucerons-et-milieu/Pucerons-et-fourmis-mutualisme

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