Si Nouara m’était conté (1)

Ou petite histoire non certifiée des propriétaires du domaine (en l’absence de leur témoignage !).

 

Chemin d’accès à la cour du domaine de Nouara, au fond la grange des descendants des Gourbeyre.

D’après Michel Boy, historien local reconnu, professeur agrégé de l’université de Clermont-Ferrand, et accessoirement descendant de papetiers, un moulin est attesté à Nouara avant 1500. Mais pas de précision sur le type de moulin car il en existe plusieurs : à farine, à huile, à drap, et même à parchemin. Les tout premiers moulins à papier datent d’un peu avant 1450, mais Nouara n’en fait pas partie. Un indice cependant quant à sa destination, le premier propriétaire avant 1500 est un certain Richard, membre de la grande famille papetière issue du lieu-dit Richard à Ambert (le moulin Richard-de-Bas appartient à ce hameau).

Grand trou dans la généalogie pour aboutir au dernier quart du XVIe siècle où un certain Pierre Joubert serait venu s’installer à Nouara, à moins que ce ne soit son fils Jehan Joubert, marchand-papetier, au début du XVIIe siècle. Comment le moulin passe-t-il entre les mains de la famille Joubert, mystère pour votre serviteur (si quelqu’un en sait plus, merci de me le faire savoir). Toujours est-il que plusieurs enfants de Jehan Joubert y naissent, dont Gabrielle en 1606.

Celle-ci se marie en secondes noces avec Claude Gourbeyre, papetier et fils des papetiers du moulin Gourbeyre à Valcivières. Pierre Gourbeyre né de leur union en 1630 est le premier de la dynastie papetière des Gourbeyre de Nouara. Ses descendants furent papetiers jusqu’en 1886. Le dernier s’appelait Jean-Marie-Joseph Faure et avait installé une machine à papier.

 

Linteau de porte au vieux moulin portant l'inscription : 1707 "coeur" G, soit : 1707 Claude gourbeyre. Le coeur est le symbole des papetiers des vallées de Valeyre.
Linteau de porte au vieux moulin portant l’inscription : 1707 « cœur » G, soit : 1707 Claude Gourbeyre. Le cœur est le symbole des papetiers des vallées de Valeyre.

Des descendants non papetiers possèdent encore la grange-étable qui fait face au vieux moulin. Parmi leurs ancêtres directs, mentionnons André Lichnerovicz, très grand mathématicien français ayant reçu de nombreux prix mathématiques, et Claude Dravaine, sa tante (alias Jeanne Lichnerovicz), écrivaine ambertoise et amie d’Henri Pourrat. Elle a notamment décrit le monde papetier et le hameau de Nouara dans son ouvrage Nouara, chronique d’un antique village papetier (1927).

Première page du texte de Claude Dravaine avec un dessin du vieux moulin en 1927.
Première page du texte de Claude Dravaine avec un dessin du vieux moulin en 1927.

Et pour finir, petite note de détail, le logo du blog est inspiré du filigrane de Claude et Pierre Gourbeyre, et ces deux cœurs entrelacés sont visibles sur un document officiel de 1732.

2 thoughts on “Si Nouara m’était conté (1)

  1. Bonjour,

    Je suis arrivée sur votre blog en recherchant des informations sur mes ancêtres directs papetiers.

    Je suis une descendante directe de Pierre Joubert qui a épousé
    Gabrielle Clouvet qui ont eu un fils Jehan.

    Je ne connaissais pas ce « cousin » André Lichnerovicz.

    Merci pour ces informations

    Sylvie Ducharne (née Cartail)

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